Ses résultats d'abord plaident en sa faveur. Il a remporté le seul tournoi sur terre battue de la saison. A Rome, il n'a pas développé son meilleur jeu, mais il a battu Schwartzman, Ruud, Koepfer, Krajinovic et Caruso. En 2020, il n'a jamais perdu une balle de match. Disqualifié à l'US Open, il a remporté l'ATP Cup, l'Australian Open, Dubaï, Cincinnati et Rome. Il est l'incontestable n°1 mondial.

Ensuite, les conditions de jeu. Le Serbe tirera profit des conditions dans lesquelles se jouent ce Roland. Le froid, les nouvelles balles et l'absence de public réduisent considérablement le fossé qui le séparait de Rafael Nadal à la Porte d'Auteuil.

Mais, Nole sait aussi ce que coûte un titre à RG. Il a remporté l'Open d'Australie à 8 reprises. Il a gagné cinq fois Wimbledon et à trois reprises l'US Open. Roland Garros reste une terre hostile à son jeu. Lorsqu'il a soulevé le trophée parisien, il avait sombré dans une crise existentielle.

Tout à l'heure, Novak Djokovic se lancera dans un défi palpitant: remporter son 2e Roland et son 18e Major. Il mettrait du coup la pression sur Nadal (19) et Federer (20). Nous n'en sommes pas encore là. En troisième rotation, il démarre sa quinzaine face au Suédois Mikael Ymer.

"J’espère vraiment que je serai capable de gagner le titre", expliquait Novak Djokovic sur les ondes D'Europe 1. "Je suis très motivé. J'ai rêvé du titre de Roland-Garros pendant longtemps et perdre en finale trois fois avant de gagner en 2016 a été un point culminant de ma carrière. C’est l’un des plus beaux moments que j'ai pu vivre sur un court de tennis."

Le froid, l'absence de public, les nouvelles balles, la pluie, le nouveau toit, tout est réuni pour bousculer les habitudes des joueurs. Mais, Novak Djokovic n'a qu'une seule crainte: un test positif au Covid-19. Il sait qu'il aura besoin de chance pour éviter une disqualification à cause de la crise sanitaire. "Je pense qu’il serait plus juste qu’une personne testée positive soit isolée pendant 24 heures, pour ensuite être testée une deuxième fois et que l’on vérifie si c'est un faux positif." Il sait mieux que tous les autres que personne n'est à l'abri. "S'il devait s'avèrer que mon test n'est pas négatif, il faudrait l'accepter. J'ai été testé deux fois à Rome, ensuite avant de voyager vers Paris pour avoir le droit d'entrer en France. Ensuite j'ai fait le test ici et j'ai suivi ma quarantaine avant de pouvoir aller m'entraîner. J'ai suivi les mêmes instructions que tout le monde et je serai testé tous les cinq jours. A New York, je n'ai plus été testé après mon premier prélèvement."

En marge du tournoi, il a tiré un trait définitif sur l'affaire de sa disqualification méritée à New York. "Dorénavant, je vais être extrêmement attentif quand je vais frapper une balle. Cela reste dans mon esprit et cela va rester longtemps. Il faut l'accepter et aller de l'avant, même si ça a été un choc pour moi et pour beaucoup de gens. Cela n'a pas d'impact sur la façon dont je me sens sur le court. J'ai gagné à Rome une semaine après New York et je n'ai ressenti aucune perturbation émotionnelle."

Djoko a assez parlé. Il est prêt à monter sur le court.