Tennis

140 petits caractères. Il n'en a pas fallu plus à Marion Bartoli pour émoustiller les médias français et solliciter de nombreuses réactions de ses fans. Malheureusement, son éventuel retour à la compétition serait tout ce qu'il y a de plus grotesque pour un sport qui n'en est pas à son coup d'essai. Une (mauvaise) humeur de Nicolas Christiaens.

"Retour ou pas retour au tennis ? Qu'en pensez-vous ? Devrais-je (reprendre la compétition, ndlr)? Donnez-moi votre avis". Tel est le tweet de Marion Bartoli ce mardi matin. Pour l'historique, je vous invite à cliquer ici. Car le temps, 18 mois exactement, ne doit pas laver de nos mémoires un départ à la retraite inexplicable (aux yeux des naïfs, du moins). Six semaines après avoir atteint un sommet qu'elle n'espérait peut-être plus elle-même, à savoir une victoire en Grand Chelem, l'Auvergnate s'était présentée face à la presse pour expliquer à quel point son corps ne supportait plus les exigeances du haut niveau. Or, dix jours plus tôt, elle étalait dans L'Equipe toutes ses ambitions pour la suite de sa carrière et 72 heures avant sa retraite surprise, elle confiait à son partenaire de double mixte et ami, Nicolas Mahut, qu'elle envisageait de jouer l'US Open à ses côtés...



Le tennis s'enfonce...

Ce come-back (puisque l'évoquer sur les réseaux sociaux, c'est déjà s'engager sérieusement), dont le timing est bien trop téléphoné pour duper qui que ce soit, j'avoue que je ne l'attendais plus. Certes suspicieux sur la façon dont la Française a pris sa retraite, j'avais fini par me dire qu'à 30 ans, elle se contenterait de couler des jours heureux en continuant à faire croire qu'elle était partie au sommet et blanche comme neige. A quoi bon reprendre du service à un âge où la plupart des joueuses se sont déjà reconverties ? Et surtout, comment faire croire que, subitement, les douleurs musculaires et les pépins physiques ne l'inquiètent plus ? Mais il semble que le niveau très homogène du circuit WTA a donné de l'appétit à Bartoli. La Française ne se soucie donc guère des soupçons que va engendrer cet énième retournement de situation douteux dans l'histoire de son sport, dont c'est, ce mardi, la journée mondiale.

Car ce n'est pas la première fois que le tennis pratique cet échange de bons procédés: on vous envoie à la retraite ou en revalidation en guise de suspension déguisée et tout le monde en sort gagnant, puisque l'athlète préserve sa réputation et le sport conserve toute sa popularité. Mais voir les hautes instances de la petite balle jaune continuer à agir de la sorte à une époque où la plupart des sports populaires ont fait de la lutte antidopage leur principal cheval de bataille est désolant. Les millions brassés par la discipline devraient permettre de faire face et non d'envoyer un mauvais signal. Chaque tennisman se sent désormais protégé par une Omertà qui n'incite guère à résister aux sirènes du dopage.

Face à tant de lâcheté, on en viendrait presque à espérer que les contrôles positifs vont se multiplier dans un court laps de temps, rendant la situation ingérable pour les responsables des circuits ATP et WTA. Car il est temps que ces gens se retroussent les manches et cessent de prendre pour des imbéciles les centaines de millions de fans qui vibrent devant leur "spectacle" aux quatre coins du monde.

(Nicolas Christiaens)