Devoir affronter Kaia Kanepi en Grand Chelem n’est jamais une bonne nouvelle. Elise Mertens va pourtant devoir passer l’obstacle mercredi si elle veut voir le troisième tour. Les problèmes posés par Kanepi sont multiples : elle fait partie des joueuses les plus puissantes du circuit, elle sert très bien, et dans un grand jour elle peut se montrer injouable. À 35 ans, elle n’a joué que quatre tournois cette saison et ne pointe plus qu’au 106e rang mondial, mais l’ex 15e a de solides références en Majeurs où elle a atteint les quarts deux fois à Roland-Garros (2008, 2012), deux fois à Wimbledon (2010, 2013) et encore deux fois à New York (2010, 2017).

Kanepi a une énorme expérience dans les grands rendez-vous. En plus, elle a remporté leur seul duel, sur la terre battue verte de Charleston l’an passé (0-6, 6-0, 7-5). Voilà, on appelle ça un mauvais tirage. Maintenant, il reste que la dynamique du moment joue en faveur d’Elise Mertens, et que le jeu de la Limbourgeoise contient naturellement l’antidote. Si Kanepi frappe beaucoup plus fort que Mertens, elle n’a en revanche pas sa couverture de terrain ni son sens du contre. La 20e joueuse mondiale arrive avec énormément de matchs gagnés, avec encore un quart de finale à Rome, et de la confiance accumulée : elle doit donc surfer dessus.

Si elle parvient à éviter le rouleau compresseur et qu’elle engage Kanepi dans des échanges plus longs, elle prendra l’avantage à l’usure.

Le terrain est lourd, les conditions sont lentes : Mertens devrait réussir à empêcher Kanepi de taper trop de points gagnants, et à la rendre dingue en ramenant toujours une balle de plus. "Elle frappe très fort, mais dans ces conditions c’est très dur de gagner rapidement les points. Peut-être que ce sera un avantage pour moi. Je vais devoir être agressive mais aussi ramener beaucoup de balles."

Il reste un point qui pourrait coûter cher : le service de Mertens. Elle ne pourra pas se permettre une panne de premières balles face à Kanepi, sous peine de servir de punching-ball dans la foulée. Ce match face à Kanepi est finalement un très bon test pour voir si les conditions si spéciales de ce Roland-Garros peuvent permettre ou pas à Mertens, avec son jeu tout en timing et son petit manque de puissance par rapport à certaines de ses rivales, de viser très haut.