Pierce a apporté le deuxième point au terme d'un thriller contre Shaughnessy

MOSCOU La France a pris une option déterminante, samedi à Moscou, dans la quête de la deuxième Fed Cup de son histoire. Deux victoires, l'une tranquille, l'autre à l'arraché, ont permis aux Françaises de mener 2-0 face aux Etats-Unis à l'occasion de la première journée de la finale de l'édition 2003 de l'épreuve.

Si Amélie Mauresmo (WTA 4) s'est facilement défaite de Lisa Raymond (WTA 28) dans le premier simple de la journée, Mary Pierce (WTA 33) a, en revanche, dû suer sang et eau pour venir à bout de Meghann Shaughnessy (WTA 17) 8-6 au troisième set après avoir laissé passer trois balles de match à 6-5. Les défaites des joueuses américaines, le jour du 60e anniversaire de leur capitaine Billie Jean King, les obligent désormais à remporter les trois dernières rencontres, à savoir deux simples et un double.

«Depuis cinq jours, elles me font des cadeaux, a expliqué le capitaine Guy Forget, encore sous le charme du succès de Mary Pierce. Mary a tout donné et elle a gagné avec son coeur. Malgré son immense palmarès, je crois qu'elle se souviendra longtemps de ce match. Après ses trois balles de match non converties à 6-5 au troisième set, elle a puisé dans ses réserves. Elle a des douleurs partout mais elle est heureuse...»

Mary Pierce, qui fait son retour en équipe de France après l'avoir quittée dans la foulée du titre de 1997, a facilement gagné la première manche 6-3 avant de céder sous la pression des coups de Meghann Shaughnessy. L'ancienne lauréate de l'Australian Open et de Roland-Garros s'est alors procuré trois balles de match à 6-5 dans le troisième set, mais l'Américaine, très accrocheuse, les écarta sur sa propre mise en jeu, avant de manquer deux occasions de faire le break dans le jeu suivant. La Française, qui avait gâché une balle de match en demi-finale dans sa rencontre perdue contre Anastasia Myskina, n'a pas laissé passer la quatrième chance qui s'est présentée à elle après deux heures et vingt minutes de combat.

«Dire que j'ai disputé le match de ma vie est sûrement exagéré, mais c'est l'un de mes préférés sur le plan émotionnel, expliqua-t-elle, le sourire aux lèvres. Le corps humain peut encaisser beaucoup de choses... Cela faisait six ans que je n'avais pas joué en équipe de France. Je suis heureuse et honorée d'avoir été choisie. Cela me fait plaisir d'être au milieu de cette équipe. Tout est nouveau, les filles, le capitaine... Guy Forget m'a beaucoup aidée sur la chaise dans les moments difficiles. Il a su trouver les mots ainsi que l'attitude. Son regard m'a incité à ne rien lâcher.» Malgré l'avantage de 2-0, Guy Forget ne crie pas victoire. Il sait qu'un succès de Meghann Shaughnessy contre Amélie Mauresmo pourrait tout relancer, d'autant qu'en cas de double décisif, l'avantage basculerait dans le camp américain, avec la paire formée par Lisa Raymond et Martina Navratilova.

«Pour avoir croisé Amélie Mauresmo, je sens qu'elle est déterminée pour amener le point de la victoire. Depuis notre succès contre la Russie, les gens nous disent qu'on a fait le plus dur. En fait, ça a été très dur. Il est hors de questions qu'on quitte Moscou bredouille.»

© Les Sports 2003