La Belgique est menée 0-2 par les Etats-Unis en demi-finales

Els Callens donne un premier point à la Belgique

MOSCOU Elle a jeté sa casquette de rage sur le sol avant de fondre en larmes durant de longues minutes assise sur sa chaise. Tout le réconfort de ses coéquipières, Els Callens, Elke Clijsters et Caroline Maes, et de son capitaine, Ivo Van Aken, n'auront pas réussi à la consoler... Kirsten Flipkens (WTA 375) a pleuré toute la misère du monde dans le stade olympique de Moscou après être passée à une balle de créer le plus bel exploit de sa jeune carrière contre Meghann Shaughnessy (WTA 17) en demi-finale de la Fed Cup. Pour sa toute première sélection, la jeune Campinoise de 17 ans et demi, numéro un chez les juniores, a poussé l'Américaine de 24 ans dans ses ultimes retranchements pour finir par s'incliner au terme d'une âpre lutte de 3h11, 6-7 (4/7), 7-6 (10/8) et 9-7 après avoir hérité d'une balle de match à 7-6 dans le tie-break du deuxième set.

«J'ai joué un match fantastique, confia-t-elle. La déception est énorme, c'est clair, mais le fait d'avoir réussi à rivaliser avec une joueuse de ce niveau me procure une énorme motivation pour la suite. Je pense que malgré ma tristesse, je réaliserai assez vite la portée de ma performance. Nous n'aurions pas pu continuer à jouer pendant six heures et la différence sur la fin s'est faite au niveau de l'agressivité. Il fallait qu'une de nous deux l'emporte, mais j'estime que personne n'a perdu...»

Dans une capitale russe touchée par la neige, Kirsten Flipkens n'a, en tout cas, pas eu froid aux yeux pour son baptême du feu. Après avoir perdu les deux premiers jeux du match, la lauréate de Wimbledon et de l'US Open junior se débarrassa de ses complexes pour se mettre à mordre à pleines dents dans la balle. Sauvant avec cran une balle de set à 6-5, elle livra un tie-break de toute beauté pour s'adjuger la première manche, au grand bonheur des quelques spectateurs présents dans l'immense et froide salle moscovite.

Galvanisée par cet avantage, la native de Mol continua à lâcher tous ses coups. Pleine de culot dans ses prises d'initiative et solide en défense, elle poussait à nouveau son adversaire, dont le désarroi se lisait sur le visage, au tie-break. La petite Belge y hérita même d'une balle de match à 7-6, mais l'Américaine la sauva d'un bon coup droit avant d'égaliser à un set partout, 10 points à 8, à sa troisième occasion.Soutenue par tout le clan belge, Kirsten Flipkens ne baissa pas les bras. Envahie par une douleur à la hanche gauche qui nécessita à deux reprises l'intervention du kinésithérapeute, elle continua à s'accrocher sur chaque balle tandis que son adversaire, frustrée de ne pas parvenir à prendre ses distances, se mit à commettre de très grosses fautes. Réalisant le break au septième jeu, la jeune Campinoise put servir pour le match à 5-4 mais ne réussit pas à conclure. Les deux joueuses ne se lâchèrent pas d'une semelle, mais à ce petit jeu, c'est finalement la plus jeune qui craqua, frappant un dernier revers dans le filet à 8-7 30-40, scellant l'issue de la rencontre.

«Elle peut être fière de sa performance, commenta le capitaine Ivo Van Aken. Elle était très déçue après le match, mais il n'y a rien à lui reprocher. Mais elle peut être fière de sa performance. Je savais qu'elle avait beaucoup de talent chez les juniors. Elle a démontré aujourd'hui qu'elle était déjà compétitive sur le circuit féminin de la WTA. Le plus important pour nous, c'est qu'une nouvelle très grande joueuse belge s'annonce...»

Avec la défaite 6-2, 6-1 d'Els Callens (WTA 74), inexistante dans le premier simple contre Lisa Raymond (WTA 28), la Belgique se retrouve menée 2-0 dans cette demi-finale de la Fed Cup. Il n'empêche, avec la prestation de Kirsten Flipkens, elle n'a pas tout perdu...

© Les Sports 2003