Le Suisse s'est imposé à Hambourg, mettant fin à l'invincibilité de Coria

HAMBOURG Roger Federer (ATP 1) est actuellement de loin le meilleur joueur de tennis de la terre. Qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente, qu'il joue sur gazon, sur ciment ou sur terre battue, le Suisse surclasse la concurrence. Le petit génie de Bâle en a fourni une nouvelle preuve, cette semaine, en remportant pour la deuxième fois en trois ans le tournoi Masters Series d'Hambourg. En finale, il a mis fin à l'invincibilité du tenant du titre Guillermo Coria (ATP 3), victorieux de 31 matches consécutifs sur la brique pilée, s'imposant en quatre sets 4-6, 6-4, 6-2 et 6-3.

«C'est fantastique!, s'exclama-t-il le sourire aux lèvres, pas peu fier de sa performance. C'est de la folie la façon dont je joue en ce moment. Je suis très très fier. Il y a quatre ans, lorsque j'ai joué pour la première fois à Hambourg, je pensais que je n'y ferais jamais rien. Aujourd'hui, j'y ai déjà gagné deux titres.»

Roger Federer et Guillermo Coria ne s'étaient rencontrés qu'à une reprise jusqu'à présent dans leur jeune carrière. C'était en finale de... l'Orange Bowl, à Miami, en 1998, lorsqu'ils n'avaient respectivement que 17 et 16 ans. A l'époque, le Suisse s'était imposé et il a remis le couvert, près de six ans plus tard, même s'il aura, cette fois, eu besoin d'un set pour prendre le contrôle de la partie contre un adversaire gêné par une vilaine ampoule à un doigt de la main droite.

«Je sais qu'il faudra être très fort pour me battre»

«Mon service n'a pas fonctionné comme je l'aurais voulu dans le premier set, mais j'ai réalisé, en faisant le break très tôt dans le deuxième, que je pouvais renverser le match. J'ai bien vu qu'il avait un problème physique, mais je me suis concentré sur mon jeu et j'ai essayé de rester agressif», expliqua-t-il.

Même si la terre battue n'est pas sa surface de prédilection, Roger Federer a probablement effacé les derniers doutes sur sa capacité à maîtriser tous les types de terrains et doit être considéré comme un candidat sérieux au sacre à Roland-Garros, qui commence lundi prochain. Au total, le Suisse au tennis d'une précision horlogère aura perdu deux sets au cours de sa semaine allemande, un au premier tour et un en finale, battant au passage plusieurs spécialistes de la surface ocre dont Carlos Moya (ATP 8) et Guillermo Coria, invaincu sur terre depuis sa défaite en demi-finale à Paris, l'an dernier, contre Martin Verkerk.

«Les deux dernières années, je m'étais rendu à Paris avec de grands espoirs et cela a été mentalement très difficile pour moi de perdre au premier tour. Cette année je suis beaucoup plus détendu. Je sais qu'il faudra être très fort pour me battre.»

Le Suisse a remporté son premier titre du Grand Chelem l'an dernier sur le gazon de Wimbledon, puis s'est imposé de maîtresse façon à l'Australian Open en ce début de saison. Au tour de Roland-Garros?

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