Tennis Le Suisse a livré un match dantesque, mais ça n’a pas suffi. Sa déception était à l’image de cette finale : immense.

Que pouvait-il bien faire de mieux ? Rien. Ou peut-être claquer un ace ou un meilleur passing sur les deux balles de match à 8-7, 40-15. Mais sinon, après 4 h 57 d’un combat extraordinaire, Roger Federer n’avait rien à se reprocher. Il a joué le match parfait, il a pris tous les risques, il a joué un des meilleurs matchs de sa carrière en Grand Chelem. Il a même remporté 14 points de plus que Novak Djokovic ce dimanche. Mais il a fini par craquer, comme en 2008 face à Nadal au terme d’une des plus grandes finales de tous les temps. Et, comme en 2008, face à un joueur qui dans les moments les plus importants fut touché par la grâce. "Évidemment après un match comme ça, on se dit ‘Quelle occasion manquée, je ne peux pas y croire’…"

Très digne malgré l’immensité de sa déception, Federer a réussi à reconnaître qu’il ne pouvait pas faire davantage. "Un coup a fait la différence, je ne suis pas très sûr duquel. Je suis satisfait de ma performance et c’est pour ces moments que je joue au tennis. J’ai tout donné, je ne pouvais pas faire beaucoup plus. À moi d’encaisser et de repartir de l’avant..."


Dans cette course aux records, un 21e du titre du Grand Chelem aurait constitué une sorte de double break face à Djokovic et Nadal. Donc, forcément, cette défaite pourrait compter dans la dernière ligne droite de sa carrière. "Dans le passé, j’y accordais beaucoup d’importance, c’était vraiment une chasse qui comptait pour moi. Mais j’ai battu ce record. Alors maintenant je trouve ma motivation ailleurs. Si quelqu’un bat ce record, tant pis. On ne peut pas tout défendre. Je ne suis pas devenu joueur de tennis pour ça. Disputer une finale de Wimbledon face à un joueur comme Novak et devant une foule aussi incroyable, voilà pourquoi je joue vraiment..."

À 37 ans, le Suisse a affiché une forme physique hallucinante tout au long du tournoi. Que ce soit face à Nadal ou face à Djokovic, il n’a peut-être jamais aussi bien défendu son terrain. Cela va peut-être l’aider à tourner cette page douloureuse. Oui, dans l’absolu, il peut rêver d’autres finales du Grand Chelem. "Je suis fier de mon niveau de jeu, je vais essayer de tirer le positif de ce match et d’oublier le reste. Je ne veux pas être déprimé après un match si extraordinaire."

On ne le verra pas à Montréal mais sans doute à Cincinnati. Mais ce sera à New York, pour l’US Open, qu’on verra les véritables dommages de cette finale historique de Wimbledon 2019.