L'Espagnol a nettement dominé un Agassi vieillissant

NEW YORK Juan-Carlos Ferrero et Andy Roddick disputaient hier soir (trop tard pour cette édition) la finale du tournoi masculin. Vainqueur ou vaincu, l'Espagnol était, en montant sur le court, d'ores et déjà assuré d'être élevé, ce lundi, au rang de nouveau n°1 mondial.

Toute l'Amérique rêvait d'une finale entre Andre Agassi et Andy Roddick, symboles de l'ancienne et de la nouvelle génération US. C'était sous-estimer la forme de Juan-Carlos Ferrero qui, après s'être offert le scalp de Lleyton Hewittt en quart de finale, a nettement dominé le Kid de Las Vegas en demi-finale.

Longtemps considéré comme un pur spécialiste de la terre battue, le dernier vainqueur de Roland-Garros a nettement élargi son panel. Il n'est pas question, pour lui, de se ruer au filet comme un attaquant de grand chemin. Mais il n'hésite pas à attaquer du fond du court et à servir des aces. Andre Agassi s'en est aperçu samedi soir.

D'une précision diabolique dans l'échange, Ferrero a épuisé son adversaire. «J'ai mal servi mais ce n'est pas excuse. Ferrero m'a vraiment impressionné, un peu comme Guillermo Coria qui m'a éliminé à Roland-Garros et Mark Philippoussis qui m'a sorti à Wimbledon» avouera Agassi qui espérait ajouter un troisième sacre dans ce tournoi qu'il avait déjà remporté en 1994 et 1999.

Ferrero devient, en tout cas, le vingtième numéro un mondial de l'histoire du classement ATP et le deuxième joueur espagnol à occuper ce trône après Carlos Moya, parachuté à cette place durant deux semaines en mars 1999.

Pour sa première finale sur le ciment de Flushing Meadows, Ferrero (23 ans) était donc invité à croiser le fer avec Andy Roddick, grand chouchou du public américain. Il s'en fallut de peu, de très peu, pour que le jeune champion US ne quitte, lui aussi, la scène en demi-finale. Mené deux sets à rien par l'Argentin David Nalbandian, Roddick dut sauver une balle de match à 6-5 dans le troisième set. Et il ne dut qu'à la fatigue de son adversaire, à la puissance de son service et à quelques décisions arbitrales discutables à son avantage sa qualification pour sa première finale du Grand Chelem. C'était un match éreintant. Il fallait se battre contre Andy mais aussi contre d'autres paramètres. Chaque fois que la balle était litigieuse, elle était donnée en faveur de l'Américain. En outre, je souffrais depuis le premier set des abdominaux et du poignet" confia, déçu, Nalbandian.

© Les Sports 2003