À23 ans, Fiona Ferro a passé un cap. L’actuelle 49e joueuse mondiale déploie ses ailes sous la houlette d’Emmanuel Planque, ancien coach de Lucas Pouille et Corentin Moutet. Samedi, elle s’est ainsi qualifée pour les huitièmes de finale d’un Majeur pour la première fois de sa carrière, confirmant sa victoire face à Elena Rybakina (n°14) par un succès au finish contre la Roumaine Patricia Maria Tig (7-6 (7), 4-6, 6-0).

Pour une joueuse qui n’avait pas pu jouer depuis le titre conquis à Palerme pour cause de blessure à une côte, c’est un petit exploit déjà d’arriver en deuxième semaine.

Et avec la manière en plus. Alors qu’elle joue pour le moment sans équipementier, Ferro développe un jeu puissant et explosif qui devrait vite faire revenir les sponsors. Le public français l’a vite adoptée, à encore les entendre sur le Chatrier la pousser sur chaque poin de la manche décisive. face à Tig, c’était Ferro la favorite et elle n’en a pas l’habitude à ce niveau. Empêtrée dans des échanges à rallonge, elle a eu beaucoup de mal à dicter le jeu mais elle a réussi à trouver les solutions malgré le stress. Un très bon signe. De même que sa résistance physique qui a fini par étouffer Tig.

Dernière Bleue en lice, celle qui est pourtant native de Libramont, porte désormais avec Caroline Garcia tous les espoirs du pays. Et pas que pour ce Roland-Garros tant le potentiel de Ferro est évident. Elle ne le nie pas, elle vise très haut : "Ce huitième, c’est très important, mais ce n’est qu’une étape sur mon parcours. Je ne me fixe pas de limite. Encore plus sur le circuit féminin qu’ailleurs, tout le monde peut battre tout le monde. J’ai déjà battu des bonnes joueuses, jamais de top 10 mais quelques tops 20. Je ne me mets pas de limite au niveau de mon parcours, j’essaie juste de faire de mon mieux et d’évoluer à tous les matches."

Que pourra-t-elle faire face à Sofia Kenin pour une place en quarts ? L’Américaine, titrée à Melbourne, n’impressionne pas forcément sur terre battue cette année mais elle semble monter en puissance. Et l’an passé, ici même, elle avait sorti Serena Williams au troisième tour (6-2, 7-5) avant de ne s’incliner qu’en trois sets (6-3, 3-6, 6-0) face à la future gagnante, Ashleigh Barty. "C’est une adversaire qui a un très bon timing, qui frappe très bien la balle, qui la prend assez tôt. Elle est peut-être un peu moins à l’aise sur terre battue. Il va falloir que j’impose mon jeu, que je joue un maximum avec mon coup droit et que je la fasse se déplacer car je sais que quand elle n’a pas trop à courir, elle est vraiment très performante." La plus Belge des Françaises croit à l’exploit.