Mats Wilander estime que Federer réalisera un jour le Grand Chelem

LONDRES Il n'a, lui-même, jamais dépassé le stade des quarts de finale sur le sacro-saint gazon du All England Club, mais cela ne l'a pas empêché pas de réaliser un petit Chelem en triomphant sur le Rebound Ace de Melbourne, la terre battue de Roland-Garros et le ciment de Flushing Meadows en 1988. Mats Wilander, l'ancien numéro un, s'est jeté à l'eau à Londres à l'approche d'un mois capital avec les levées du Grand Chelem parisienne et londonienne. Le Suédois n'a ainsi pas hésité à affirmer que Tim Henman, l'éternel loser de sa grâcieuse Majesté, finirait bien par gagner Wimbledon.

«Tim Henman s'y imposera tôt ou tard, déclara-t-il. Malheureusement pour lui, il y a eu un certain Pete Sampras pour lui barrer la route durant de nombreuses années, mais je considère qu'il est en train de s'améliorer d'année en année. J'ai le sentiment qu'il a réussi à introduire un petit peu de puissance dans son jeu. Il a beaucoup changé de coach ces derniers temps, mais cela ne lui a pas pour autant porté préjudice. Je crois qu'il a réalisé qu'il ne pouvait pas uniquement se reposer sur son tennis tout en finesse, mais qu'il devait également y ajouter de la puissance, notamment sur son premier service.»

Phil Mickelson

Le premier joueur britannique, qui a retrouvé une place dans le Top 10 mondial au printemps après avoir été longtemps tracassé par une blessure à l'épaule, a atteint à trois reprises les demi-finales de son tournoi préféré, en 1999, en 2001 et en 2002. Hélas! pour lui, il y fut chaque fois battu par le futur vainqueur, Pete Sampras d'abord, Goran Ivanisevic ensuite et Lleyton Hewitt enfin. Mats Wilander, cela dit, considère que si les courts sont rapides, il possède une excellente chance.

«Si Wimbledon devait se révéler pluvieux, et donc que les balles fusent, il sera l'un des grands favoris. Phil Mickelson a également dû longtemps patienter avant d'enfin remporter sa première levée du Grand Chelem en triomphant au Masters. Certains joueurs savent que cela finira bien par arriver. C'est écrit dans les astres.»

Le Suédois, capitaine de l'équipe de Coupe Davis de son pays, estime également que Roger Federer, qui vient d'écarter Carlos Moya à Hambourg, possède les armes pour s'imposer sur la terre battue de Roland-Garros, la surface qui semble, a priori, le moins lui convenir. Il n'hésite dès lors pas à clamer qu'il le voit bien marcher sur les traces de Rod Laver et réaliser le Grand Chelem.

«Roger Federer est probablement un meilleur joueur de tennis que Pete Sampras, considère-t-il, et s'il demeure épargné par les blessures, il sait qu'il abordera chaque levée du Grand Chelem durant les cinq, six ou sept années à venir avec la conviction qu'il peut y triompher. Et je pense que ses adversaires le réalisent également. Cela rejaillira même sur Roland-Garros. Pete Sampras ne fut jamais une menace à Paris, mais il était le plus dominant dans les trois autres. Roger Federer, lui, je pense, peut gagner les quatre.»

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