Il a battu Federer et Roddick pour se hisser en finale à Bercy

PARIS Tout vient à point à qui sait attendre... Tim Henman (ATP 31) s'est offert le luxe de battre, samedi, le futur n°1 mondial du tennis masculin, Andy Roddick (ATP 2), pour gagner son billet pour la finale du tournoi Tennis Masters Series de Paris-Bercy. Le Britannique, qui avait jusque-là connu une saison chaotique, s'est imposé aux termes de deux tie-breaks sur le score de 7-4 et 9-7 à sa sixième balle de match! Arrivé à Paris sans grandes ambitions pour clore une saison médiocre marquée tout de même par une victoire à Washington et un quart de finale à Wimbledon, Gentleman Tim n'a, certes, nullement usurpé sa place. L'Anglais, totalement remis de son opération à l'épaule droite qui lui avait pourri la fin son année dernière ainsi que le début de sa saison actuelle, a parfaitement négocié un parcours semé d'embûches qui l'obligea à écarter, coup sur coup, Sébastien Grosjean (ATP 11), Gustavo Kuerten (ATP 17), Roger Federer (ATP 3) ainsi donc que Andy Roddick pour gagner le droit de disputer sa première finale d'un tournoi de ce niveau depuis plus d'un an. «C'est le meilleur tennis que j'ai joué cette année! se félicitait-il. J'ai déjà bien joué cette année, mais par petits bouts, jamais de manière aussi régulière. La façon dont j'ai entamé la partie a donné le ton. Ce fut un message envoyé à Andy. Le fait d'avoir retourné beaucoup de ses services a eu un effet négatif sur lui. Il n'y a pas beaucoup de volleyeurs sur le circuit et je crois que le public apprécie. Cela peut aider d'avoir son soutien. Le travail n'est, certes, pas terminé. Il y a encore dimanche...»

Pavel ressuscite

Andy Roddick, en tout cas, se montra beau joueur à l'issue de sa défaite. L'Américain espérait bien entendu étrenner son nouveau statut de numéro un du tennis masculin de la plus belle des manières, mais il préférait louer les qualités de son adversaire plutôt que de mettre son revers sur le compte d'une saison trop longue qui l'a vu, à 21 ans à peine, remporter six tournois dont l'US Open, son tout premier sacre dans une levée du Grand Chelem. «Il est clair que j'espérais plus, mais il a pratiqué un tout grand tennis. J'aurais pu mettre davantage de pression, mais je n'ai jamais été numéro un avant et j'ai réussi cette semaine. C'est satisfaisant et c'est avec ça en tête que je vais partir à Houston (NdlR: pour le Masters du 8 au 16 novembre). C'est vrai, la saison est longue, plus longue que dans les autres sports, mais c'est dans la nature du tennis. La dernière chose que je ferai, c'est de me plaindre. J'ai de la chance de pouvoir jouer au tennis.» Andreï Pavel, lui non plus, ne se plaindra pas. Retombé à la... 191e place du classement ATP suite à une blessure au poignet qui l'a écarté du circuit pendant environ six mois, le Roumain a profité, en huitièmes de finale du forfait, sur maladie, de Guillermo Coria (ATP 4), lauréat la semaine dernière du tournoi de Bâle. La chance, cela dit, il fallait encore la saisir, et c'est ce que le quart de finaliste de Roland-Garros en 2002 a fait, en dominant Rainer Schüttler (ATP 6) 2-6, 6-3 et 6-2, vendredi en quarts de finale, et Jiri Novak (ATP 18), le tombeur de Juan Carlos Ferrero (ATP 1), 6-2, 4-6 et 6-4, hier soir, pour se hisser pour la première fois de la saison en finale d'un tournoi du circuit. Tim Henman et Andreï Pavel se disputeront donc le titre ce dimanche dans la capitale française. Qui aurait misé un € sur pareille issue en début de semaine?

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