Justine Henin sait qu'elle peut encore progresser sur terre battue

CHARLESTON Justine Henin-Hardenne (WTA 3) tentait, vendredi, de se hisser une nouvelle fois en demi-finale du tournoi sur terre battue de Charleston, doté d'1.340.000 dollars. La Famennoise, lauréate des éditions 2003 et 2005, défiait Dinara Safina (WTA 20), la jeune soeur de Marat Safin, qu'elle avait déjà battue à deux reprises en autant de confrontations.

«Il s'agit à nouveau d'une adversaire qui n'a rien à perdre, soupira-t-elle, mais c'est devenu mon lot quotidien ou presque d'être la joueuse à battre. J'en suis arrivée à me dire qu'il est quelque part plus facile d'affronter une joueuse du Top 5 ou du Top 10 mondial, que quelqu'un qui est 90, car cette dernière va tout lâcher vu qu'elle n'a aucune pression. Ce n'est pas parce que je suis la première tête de série de ce tournoi que je vais le gagner pour autant. Il faut prouver tous les jours...»

Invaincue en Caroline du Sud, où elle a déjà remporté la bagatelle de treize matches en trois participations, Justine Henin a jusqu'à présent assuré l'essentiel sur la terre battue verte du Family Circle Tennis Center. La manière n'était pas toujours de la partie, mais la victoire fut bel et bien chaque fois au rendez-vous, malgré une petite frayeur en fin de match, jeudi soir, dans son huitième de finale contre Karolina Sprem (WTA 90).

«Elle frappait fort dans la balle et ne me donnait pas beaucoup de rythme, mais lorsque j'ai dû servir pour le gain du match, je l'ai fait sans problème. C'est vrai que j'ai commis quelques erreurs, mais elles font partie du jeu. Sur terre battue, il n'est pas évident de frapper des coups gagnants. Il ne faut pas oublier qu'il ne s'agit que de mon premier tournoi sur terre battue. Je dois encore prendre mes marques. Si je joue bien, c'est tant mieux, mais le plus important, c'est la victoire», poursuivit la championne olympique, susceptible de rencontrer Patty Schnyder (WTA 9) en demi-finales.Étincelante l'an dernier sur la brique pilée, où elle triompha à Charleston, Varsovie, Berlin et last but not least Roland-Garros, Justine Henin se montre, en fait, surtout heureuse à l'heure actuelle de pouvoir rejouer au tennis sans la moindre douleur. Sa blessure à l'épaule, qui s'était réveillée à l'Australian Open, en début d'année, ne semble plus être qu'un mauvais souvenir et elle ne parle même plus de son genou ou de son petit ulcère à l'estomac.

«Je n'ai aucun problème d'ordre physique. Je fais toujours attention à mon épaule, mais ce n'est pas quelque chose qui me tracasse. Je dirais que la chaleur est plus ennuyeuse. Dans cette optique, il est bien de gagner les matches en deux sets, mais si c'est en trois, c'est bon aussi. L'an dernier, à Roland-Garros, j'avais remporté trois de mes quatre premiers matches en trois manches et tous les suivants en deux, ce qui n'était pas vraiment logique. Il n'y a pas de règle. Je sais en revanche qu'il me faut encore progresser et devenir plus régulière pour aller plus loin.»

© Les Sports 2006