«Je ne suis pas la grande favorite»

Tennis

S. F

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<i>«Je ne suis pas la grande favorite»</i>
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Justine Henin a infligé un cinglant 6-0, 6-0 à la jeune Lukaszewicz
Xavier Malisse et Olivier Rochus sortis au premier tour

MELBOURNE Justine Henin a frappé un grand coup d'entrée de jeu, lundi, à Melbourne, pour son entrée en lice à l'Australian Open. Dans la Rod Laver Arena, en deuxième match de la journée, elle a infligé un cinglant 6-0, 6-0 en 45 minutes à peine à la benjamine du tournoi, l'Australienne Olivia Lukaszewicz (WTA 870), âgée de 15 ans et qui n'a dû sa participation qu'au bénéfice d'une wild card.

«C'est un bon départ, sourit-elle. C'est bien lorsqu'il fait si chaud de ne pas être restée trop longtemps sur le court. Je suis arrivée samedi soir très tard de Sydney, ce qui fait que je n'ai pas eu beaucoup de temps pour récupérer. En outre, j'ai dû manger quelque chose qui ne m'a pas réussi ce midi, car j'ai eu quelques crampes d'estomac. Dans ces conditions, il est agréable d'avoir pu s'épargner.»

C'est la première fois sur le circuit que l'Ardennaise inflige ce qui s'appelle un vélo dans le jargon à une de ses adversaires. S'il est clair que vu l'opposition, il est difficile d'en tirer l'une ou l'autre conclusion, ce résultat va certainement encore augmenter son statut de favorite de l'épreuve. Tous les observateurs avisés s'accordent à le dire, la première joueuse mondiale est la fille à battre. Elle est aussi la favorite des bookmakers, l'agence de paris officielle TAB Sporstbet l'ayant placée en tête, avec la cote de 2,3 contre 1 devant Venus Williams, Kim Clijsters, Amélie Mauresmo et Lindsay Davenport.

«Je ne suis pas prétentieuse»

«Je ne me considère pas comme la plus grande favorite, rétorqua- t-elle. Ma victoire à Sydney m'a procuré beaucoup de confiance mais il y a d'autres très bonnes joueuses qui sont susceptibles de gagner le tournoi. Je suis persuadée, par exemple, que Venus Williams sera très forte. Il faudra voir comment elle va se présenter après six mois sans tennis, mais je la vois bien revenir encore meilleure qu'avant. C'est spécial et valorisant d'être tête de série n°1 d'une levée du Grand Chelem, cela signifie en quelque sorte que tout ce qui arrivé n'est pas le fruit du hasard, mais ma philosophie est restée la même. Je suis ici pour donner le meilleur de moi- même et c'est ce que je vais tâcher de faire lors de chaque match.»

Justine Henin l'assure, ses succès de l'année dernière et son accession au faîte de la hiérarchie mondiale ne l'ont pas changée. Tout juste est-elle peut-être devenue plus détendue parce que plus sûre d'elle mais, pour le reste, elle tâche de demeurer humble. Son tee-shirt rose de n°1 de la WTA, reçu à Zurich, est ainsi resté dans un placard à Wépion. Et lorsqu'elle se retrouva assise dans le même avion que Steffi Graf, elle se garda bien d'aller à sa rencontre.

«Je ne me verrais plus porter ce tee-shirt. Je ne sais pas, je trouverais cela prétentieux et je ne suis pas prétentieuse. Et si je n'ai pas approché Steffi Graf, c'est parce que ce n'est pas mon genre d'importuner les gens. Ce n'est pas de la timidité, c'est du respect et de la discrétion vis-à-vis de quelqu'un qui est une grande idole. Je reconnais néanmoins que, par rapport à l'an dernier, je me sens plus relax et j'avoue que cela me surprend parfois. Je pense que cela peut m'aider à durer, car cela m'épargnera de l'énergie. J'ai vécu une année incroyable, mais on ne vit pas de souvenirs. Il faut toujours aller de l'avant...»

Rendez-vous est dès lors fixé mercredi contre la Française Camille Pin (WTA 168), issue, elle, des qualifications et qui se réjouissait de retrouver notre compatriote: «Quand on joue des filles du Top10, on a peur d'être ridicule mais, cette fois, j'ai envie de me régaler. Quand on était petite, on se côtoyait souvent avec Justine, je l'ai affrontée dans des tournois juniors. Elle n'a pas du tout changé, elle est adorable. Ça m'a fait drôle de la voir devenir n°1.»


Surprise surprise

L'Australian Open a démarré sur les chapeaux de roue. Il s'en est ainsi passé des choses lors d'une première journée riche en émotions. Entre les éliminations surprises, les abandons, les forfaits, les crampes ou encore les coups de chaleur, Melbourne Park en a vu de toutes les couleurs. Nadia Petrova et Elena Dementieva, deux des joueuses russes les plus réputées, ont ouvert le bal, s'inclinant sans gloire contre la Hongroise Kapros et la Serbe Jankovic.

Rainer Schüttler, le surprenant finaliste de l'an dernier, qui n'a toujours pas gagné le moindre match cette saison, leur a emboîté le pas, subissant la loi du modeste Suédois Soderling après avoir empoché les deux premiers sets. Carlos Moya, l'un des favoris, est, lui aussi, déjà parti, sa cheville meurtrie à Sydney l'empêchant de défendre ses chances, tandis que Younes El Aynaoui, l'un des héros de la dernière édition, n'a tenu que cinq jeux avant de jeter l'éponge contre l'Espagnol Galo Blanco. Le Néerlandais John Van Lottum, lui, se sera battu jusqu'au bout contre Gustavo Kuerten malgré des crampes tenaces qui lui donnèrent l'allure d'un pantin désarticulé. Justine Henin, elle, n'a pas connu tous ces soucis, s'imposant 6-0, 6-0. L'exception qui confirme la règle, en quelque sorte...

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