Henin soigne même son coude dans les aéroports en Australie

envoyé spécial en Australie Serge Fayat

MELBOURNE Elle est contente de s’appeler Justine Henin. Sans quoi, elle n’aurait peut-être pas bénéficié des mêmes privilèges. Il n’a fait que pleuvoir ces derniers jours à Melbourne, rappelant, dans une bien moindre mesure, les terribles inondations qui frappent le Queensland, mais cela n’a pas empêché la Famennoise de pouvoir déjà frapper la balle dans la Rod Laver Arena pour peaufiner la préparation de son Australian Open.

“Je reprends petit à petit confiance en mon corps” , confia-t-elle. “Je me force à repousser mes limites parce que je sais que je dois repasser par là pour retrouver cette force sur les points importants qui m’amènera à ne plus avoir peur. Le plus dur, c’est le matin lorsque je me réveille. J’ai gardé beaucoup de raideur. Gérer ce genre de blessure à mon âge, alors qu’on est en fin de carrière, n’est pas évident, mais cela m’oblige à avoir beaucoup de discipline.”

Justine Henin (WTA 12) espère vite pouvoir rejouer sans douleur. D’ici là, sa devise est de travailler dur et de faire preuve de patience. La finaliste de l’Australian Open 2010 ne laisse d’ail-leurs rien au hasard. Elle soigne même son coude dans les aéroports alors qu’elle a été surprise, au terminal de Perth, dans l’attente de son vol pour Melbourne, à se faire manipuler par son kiné Emmanuel Spies. Histoire d’éviter les mésaventures de l’an dernier...

“Je n’oublierai jamais le soir où j’avais gagné ma demi-finale à Melbourne. J’étais en finale d’un Grand Chelem, mais je me sentais cassée. J’avais dit à Carlos (Rodriguez) que j’étais inquiète par rapport à ma condition physique et à la suite de ma saison. Et j’ai enchaîné les blessures. On n’avait pas eu le temps de faire le travail nécessaire parce qu’il était difficile d’amener si vite à niveau un corps à l’arrêt pendant deux ans. Cette blessure au coude m’a forcée à m’y remettre.”

Henin se sera en tout cas déjà rassurée sur son potentiel alors qu’elle a gagné ses quatre matches de simple, la semaine passée, à la Hopman Cup à Perth, battant notamment de manière convaincante Ana Ivanovic (WTA 17). Grande compétitrice, la Famennoise ne demande qu’à retrouver le niveau qui l’avait rendue irrésistible en 2007, époque où elle avait décroché dix titres en 14 tournois pour briller plus que jamais au firmament.

“Ce qui faisait la différence entre la Justine d’avant et celle d’au-jourd’hui, c’est cette intensité que je gardais sur chaque point. Je ne lâchais rien” , expliqua-t-elle encore. “Aujourd’hui, je me sens prête à exiger un peu plus de moi-même. Je veux redevenir ambitieuse. Je pense que je peux gagner un Grand Chelem cette année. Je suis guidée par quelque chose de très fort, qui est de revenir un jour au top, en sachant par où je suis passée. Et ce serait une énorme fierté...”



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