De plus en plus d'acteurs du monde du tennis se posent la question de la tenue du tournoi américain.

Les États-Unis sont le pays le plus touché par le coronavirus. Avec un bilan dépassant les 130 000 morts et un nombre de cas détectés de l'ordre de 55 000 ce lundi, le pays de l'oncle Sam semble encore très loin d'avoir endigué la propagation du virus.

Pourtant, c'est dans ce contexte de crise sanitaire que la plupart des compétitions sportives reprennent de l'autre côté de l'Atlantique : le Nascar, la NBA et la WNBA, la MLS et normalement le tennis à partir d'août prochain avec en point d'orgue la tenue de l'US Open du 31 août au 13 septembre.

C'est ce qui avait été dévoilé par l'ATP et la WTA le 17 juin, les deux instances du tennis professionnel espérant sans doute que d'ici là, la pandémie serait contrôlée outre-Atlantique, ce qui ne semble pas encore le cas...

Dès lors, de nombreuses voix s'élèvent dans le monde du tennis pour réclamer une annulation du grand chelem américain. Dans le quotidien Ouest France, l'ancien joueur Français Henri Leconte est catégorique : "Ce n'est pas possible, il faut annuler l'US Open. je pense que beaucoup de joueurs ne vont pas y aller. D'abord pour des raisons sanitaires, la pandémie est loin d'être terminée. Et aussi parce que l'ont ne peut pas disputer un tournoi du Grand Chelem à huis clos. je n'ose même pas imaginer l'ambiance que cela donnerait."

Même son de cloche du côté de Patrick Mouratoglou, l'entraîneur de Serena Williams, qui avait pourtant annoncé qu'elle serait bien présente à New York : "Je ne sais pas si c'est raisonnable de vouloir à tout prix que l'US Open ait lieu. je ne sais pas si le gouverneur de New York ne va pas décider d'annuler à la dernière minute, parce que la priorité, c'est évidemment la santé. Il peut considérer que ce n'est pas raisonnable d'accueillir des gens du monde entier et de les mettre potentiellement en contact avec l'un des pays les plus touchés à l'heure actuelle", a-t-il déclaré à SkySports la semaine dernière.

La plupart des joueurs sont également très réticents à l'idée de se rendre à New York. Novak Djokovic et Simona Halep entre autres envisagent de snober le tournoi alors qu'une multitude de joueurs et joueuses classés dans le top 100 mondial ont déjà annoncé qu'ils ne se rendraient pas aux États-Unis dont les Français Benoît Paire, Pierre-Hugues Herbert.

David Goffin expliquait quant à lui que sa participation n'était pas encore acquise mais que "l'envie était là."

De son côté, Rafael Nadal a annoncé qu'il ne défendrait pas son titre à Flushing Meadows. L'Espagnol a donné son accord pour disputer le Masters 1000 de Madrid du 13 au 20 septembre, ce qui rend sa participation au tournoi américain impossible.


Avec le forfait de Federer pour blessure, cela voudrait dire qu'aucun membre du Big Three ne serait présent à New York en cette fin d'été.

D'autant que le nouveau mode de calcul du classement ATP ne va pas inciter les joueurs à se déplacer à New York. Si auparavant le classement était calculé sur base des 18 meilleurs résultats d'un joueur au cours des 12 derniers mois, cette période va être allongée à 22 mois dès la reprise des tournois au mois d'août. Ainsi Rafael Nadal, vainqueur à Flushing Meadows l'an dernier, est assuré de conserver les 2000 octroyés pour sa victoire une fois le tournoi terminé.

Un autre signal négatif provient la fédération américaine elle-même. Cette dernière a d'ores et déjà annulés cinq tournois du circuit américain dans le courant du mois d'août : à Lexington, Landisville et Concord chez les femmes et les tournois de Memphis et Decatur chez les hommes. Certains plusieurs états, des mesures de quarantaine ont été mises en place et sont incompatibles avec la tenue de tournois de tennis.

Dans ce contexte et compte tenu de la réticence de la plus grande partie des joueurs et joueuses, l'US Open, réunissant 256 joueurs issus des quatre continents, semble de plus en plus illusoire.