Juan Carlos Ier, roi de...France!

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L'Espagnol n 'a laissé aucune chance à l'étonnant Martin Verkerk

PARIS Après deux demi-finales et sa finale ratée de l'an dernier, l'Espagnol Juan Carlos Ferrero a enfin remporté les Internationaux de France. En finale, il n'a laisés aucune chance, dimanche, au surprenant Néerlandais Martin Verkerk 6-1, 6-3, 6-2, en 2 heures et 9 minutes.

Depuis longtemps promis au royaume de la terre battue, le petit prince de Villena (province de Valence) a enfin réalisé son rêve le plus cher: gagner Roland-Garros. Cinq Espagnols seulement, dont le magnifique Manuel Santana fut le premier en 1961, avaient inscrit leur nom avant lui sur la Coupe des Mousquetaires que Yannick Noah, dernier vainqueur français voici vingt ans, lui a remise.

A tous les atouts qui en faisaient le favori, la météo en avait ajouté deux pour cette finale: l'humidité et le vent. En ralentissant les balles, la moiteur ambiante rendit son jeu de défense déjà ordinairement très fermé quasiment hermétique. Quant au vent, qui prit sur la fin des allures de sirocco, il troubla si bien le service de Verkerk que le grand Néerlandais, 46e mondial, ne laissa tomber que 12 aces du haut de ses 198 centimètres, commit 7 doubles fautes et ne passa que 47 % de premières balles.

La charge émotive de son insolite présence en finale imposa de surcroît à Verkerk le handicap d'un set. Au cours du tout premier jeu, qui ne dura pas moins de 10 minutes, sa nervosité le rendit en effet déjà coupable de deux doubles fautes et lui coûta son service à la cinquième balle de break contre lui. Cela commençait très mal! Difficile à passer des deux côtés, Ferrero n'avait laissé aucune brèche dans sa défense. Les circonstances rendant son service moins perforant et ses montées au filet très aléatoires, Verkerk n'avait réussi que deux service-volées. A sa troisième tentative, un passing le cloua sur place et valut à l'Espagnol le gain aisé du premier set!

A sens unique

Verkerk fut paradoxalement le premier à réussir un jeu blanc, au deuxième jeu du deuxième set. Jusque-là sous pression, il cessa alors de subir, obtint les deux premières balles de break en sa faveur à 15-40 et concrétisa la première d'une volée haute de revers. Retrouvant sa nature rebelle, il dressa un poing vengeur cependant que son adversaire prenait une mine un peu pincée.

Deux balles de service litigieuses, soit autant d'aces refusés, devaient couper son élan. La deuxième lui valut une double faute et la perte de l'avantage qu'il venait de s'attribuer brillamment après une longue attente. On en était à 2-2 et tout était à refaire dans ses tentatives d'échapper à l'étreinte d'un Ferrero redevenu impavide qui se mit à distiller amorties, contre-amorties et revers le long de la ligne avant qu'un retour dans les pieds lui procure le break décisif pour mener 5-3.

Verkerk tenta bien de relancer opiniâtrement la machine au début du troisième set. Mais il avait en face de lui un joueur possédant son tennis sur terre battue sur le bout de sa raquette, qui émailla sa régularité (26 fautes directes seulement contre 56) de coups étincelants et décourageants. Comme cet échange d'amorties qui se termina par une balle retournée efficacement par Verkerk entre les jambes, dos tourné au filet, et que Ferrero reprit victorieusement pour obtenir un jeu blanc et égaliser à 1-1.

La suite ressembla à ces charges désespérées que mènent ceux qui se savent perdus avant de succomber. Montant 11 fois au filet, Verkerk y marqua 6 points, soit à peine plus que pendant toute la partie (13 points pour 21 montées).

Juan Carlos 1er, pour sa part, avait parfaitement mérité son premier titre dans un tournoi du Grand Chelem, le 8e sur terre battue, et la place de numéro un au championnat ATP.

© Les Sports 2003

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