Justine Henin: «J'ai hâte que la saison débute»

Tennis

Laurent Monbaillu

Publié le

Justine Henin: <i>«J'ai hâte que la saison débute»</i>
© BELGA
Carlos Rodriguez détaille la préparation de Justine Henin

CINEY Quand Carlos Rodriguez entre en salle de presse, on ne sait jamais quand il va en ressortir. Pas sans avoir été au bout de ses idées, en tout cas. La discussion part dans beaucoup de directions mais jamais elle ne se révèle ennuyeuse. Samedi soir, à Ciney, le coach de Justine Henin a ouvert ses cahiers techniques, revenant longuement sur la préparation de son élève, sur ses propres méthodes de travail et sur ses attentes pour la saison à venir.

«On ne pourra faire de réel bilan qu'au terme de la période de préparation qui est toujours en cours, l'objectif étant évidemment que Justine soit prête pour le premier match de l'Open d'Australie, affirme-t-il d'emblée. On n'a jamais que deux semaines et demie de travail derrière nous. Ici, à Ciney, elle n'a pas vraiment eu l'occasion de mettre en place les enchaînements que l'on a répétés à l'entraînement. On a vu très peu de montées au filet par exemple. Par ailleurs, on tente de modifier légèrement son coup droit, de recadrer un peu son geste, trop ample. Quand elle défend, cela lui permettra de gagner du temps pour la relance. Et puis, en matière d'occupation du terrain, elle a encore des progrès à réaliser. Lorsqu'elle joue en avançant, elle ne couvre pas encore bien tous les angles et perd en percussion à la volée. Nous faisons en sorte que ses déplacements soient plus directs vers la balle. Sa volée de coup droit à mi-hauteur est aussi trop flottante, cela s'est vu en demi-finale du Masters, face à Amélie Mauresmo, lorsqu'elle manqua deux volées assez faciles. Mais le point capital reste malgré tout son service, qui reste perfectible.»

Etudié sous tous les angles, le jeu développé par Justine Henin est aujourd'hui devenu une source d'inspiration pour certaines joueuses, voire pour certains entraîneurs. Mais la pureté de ses coups peut- elle être reproduite pour autant? «Non, bien entendu. Elle a un petit gabarit, elle a ses particularités. En fait, le jeu de Justine, c'est davantage celui d'un garçon. Aussi loin que je me souvienne, elle a toujours été un garçon manqué. C'est pourquoi je m'inspire d'ailleurs davantage du jeu des hommes pour corriger certains points chez Justine. Dans ce registre, je dirais que seule Amélie Mauresmo a un style comparable, pas techniquement mais au plan de la variété du jeu.»

Tout comme sa protégée l'avait affirmé peu avant lui, Carlos Rodriguez se réjouit à l'idée de recroiser le chemin des soeurs Williams lors de la première échéance importante de la saison. Sans doute même plus que Justine... «Il faut reconnaître que le tennis féminin était rentré à nouveau dans une certaine monotonie dans la deu- xième partie de la saison, poursuit l'Argentin. Justine et Kim ont, à leur tour, exercé leur domination et quasiment personne n'était en mesure de la contester. Les voir gagner leurs premiers tours 6-0, 6-0 n'était même plus amusant pour le public. C'est pourquoi il faut se féliciter que les Williams reviennent dans le parcours. Moi- même, j'ai vraiment hâte de les revoir et, surtout, de voir le comportement que Justine adoptera face à elles. Ce sont des filles qui ont la rage de jouer, et le tennis en a besoin...»


Justine Henin prophète en son pays

Justine a remporté le tournoi en dominant Maria Sharapova en finale

CINEY La quatrième édition du tournoi exhibition de Ciney s'est achevée en apothéose, hier soir, avec la victoire sur ses terres de Justine Henin-Hardenne sur Maria Sharapova en finale: 1-6, 7-6 (14/12), 7-6 (7/5). Une victoire à l'arraché puisque le n°1 mondial dut sauver pas moins de huit balles de match pour enlever le trophée des mains de son amie Nathalie Dechy, quatre dans le tie-break de la seconde manche, deux à 5-4 dans le troisième set et deux autres à 6-5.

Il est vrai que la jeune Russe de 16 ans, l'une des révélations de la saison (elle a remporté ses deux premiers tournois cette année), a livré un match brillant, réussissant quelques coups somptueux et démontrant, du haut de son 1,83m, que son service constituait déjà une arme redoutable. C'est sûr: la comparaison avec Anna Kournikova n'a pas lieu d'être!

«Maria m'a donné beaucoup de fil à retordre ce dimanche, me mettant rapidement sous pression et distribuant très bien le jeu, expliqua Justine au terme de la rencontre. Je n'ai sans doute pas été assez agressive en début de partie mais, heureusement, je n'ai jamais laissé tomber et j'ai eu ma chance en fin de match. Deux rencontres accrochées en deux jours, c'est exactement ce dont j'avais besoin pour me situer avant de repartir, jeudi midi, pour la Floride. Mais avant le départ, je passerai Noël en famille et je compte bien en profiter.»

Les récompenses, comme les hommages, se sont succédé en cette fin d'année. Hier, à l'occasion du rendez-vous condrusien, Luigi Coduti, lui aussi, avait tenu à réserver une petite surprise à la championne.

C'est ainsi que Justine put découvrir sur écrant géant les interventions préalablement enregistrées de plusieurs personnalités. Si Jean-Michel Saive, Enzo Scifo, Adamo et François Pirette ont évoqué l'émotion que leur avait procurée la joueuse tout au long de la saison écoulée, d'autres ont pensé à lui faire un petit cadeau. Christian Bîmes, le président de la Fédération française de tennis, lui a offert un livre dont elle fait la couverture, Axelle Red l'a invitée à un de ses concerts, Philippe Geluck lui a transmis un dessin et Michel Drucker l'a invitée dans Vivement Dimanche la semaine précédant les Internationaux de France. Même Nolwenn, la gagnante de la Star Academy - l'émission préférée de Justine - en 2002, y est allée de son petit mot de félicitations. Bref, la fête était complète...

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