Kim Clijsters: «dois-je aller voir un psychologue?»

Tennis

S. F.

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Clijsters estimait ne pas faire de complexe Henin malgré sa défaite

NEW YORK Caramba, encore raté! Le perroquet, dans Tintin et l'oreille cassée, n'aurait pu mieux le formuler. Kim Clijsters a une nouvelle fois échoué dans une finale d'une levée du Grand Chelem, samedi soir, à Flushing Meadow.

Après sa défaite 12-10 au troisième set à Roland-Garros contre Capriati en 2001 et celle nettement plus sévère contre Justine Henin, également à Paris il y a trois mois, la Limbourgeoise a à nouveau subi la loi de sa compatriote à l'US Open. «Je suis déçue par la performance que j'ai affichée, expliqua-t-elle. Il est clair que j'avais pratiqué un nettement meilleur tennis lors de mes six premiers matches. J'étais un petit peu plus nerveuse que d'habitude, ce qui explique mon mauvais départ, mais je suis surtout tombée sur une adversaire qui était la meilleure de tout le tournoi...»

Tout plaidait, pourtant, en faveur de Kim pour cette finale, la deu- xième cent pour cent belge de l'histoire dans une levée du Grand Chelem. De toutes les matières, ce sont les surfaces en ciment qu'elle préfère. En outre, elle s'était montrée très impressionnante jusque-là, balayant la forte concurrence qui lui avait été présentée avec une déconcertante facilité. Et enfin, elle avait l'avantage de la fraîcheur physique, Justine Henin ayant dû puiser loin dans ses réserves pour venir à bout de Capriati, la veille, en demi-finale. Cela n'a pourtant pas suffi.

«C'est la preuve qu'elle est une grande athlète. Elle a énormément travaillé au niveau de la puissance et de l'endurance. Ce qu'il y a avec elle, c'est qu'elle vous pousse à pratiquer un tennis quasiment parfait vu la manière dont elle se déplace. Il m'a fallu beaucoup plus jouer les lignes et je n'y suis pas parvenue. Elle est vraiment difficile à battre...»

Justine Henin a, effectivement, réalisé d'énormes progrès ces derniers mois. Elle a musclé son tennis. Il n'empêche, Kim Clijsters ne nous otera pas de l'idée que, pour une raison ou une autre, elle nourrit actuellement une forme de complexe vis- à-vis de sa compatriote et rivale. Battue pour la quatrième fois en cinq finales cette année, pour la quatrième fois lors des cinq dernières confrontations tout court, ce n'est pas possible autrement.

Cela expliquerait, en tout cas, la crispation dont elle fit preuve samedi, ne parvenant pas à saisir deux balles de set et voyant son jeu se désintégrer par la suite. «J'ai souvent perdu contre elle ces derniers temps, c'est vrai, mais je ne pense pas qu'il s'agisse d'un problème mental. J'estimais d'ailleurs que j'avais moins à perdre dans cette finale puisqu'elle restait sur deux victoires. Il n'y a pas eu de blocage. Je n'ai pas fait exprès de ne pas pratiquer mon meilleur tennis en finale. Simplement, je ne suis pas parvenue à remporter le premier set, et cela pesa lourd dans la balance. Justine, elle, a amélioré ses points faibles, comme son coup droit et ses retours. Dois-je pour autant aller consulter un psychologue?»

© Les Sports 2003

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