Kim Clijsters: «personne n'est mort...»

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ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE SERGE FAYAT

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Kim Clijsters: <i>«personne n'est mort...»</i>
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Victorieuse en double, la Limbourgeoise n'est pas repartie les mains vides

PARIS Kim Clijsters n'aura finalement pas quitté Roland-Garros les mains vides... Dimanche, le jour de son vingtième anniversaire, la Limbourgeoise a ainsi remporté la finale du double dames en compagnie de sa partenaire japonaise Ai Sugiyama. Sur le court n°1, pendant que Juan Carlos Ferrero était en train de mater Martin Verkerk, le duo a battu la paire tête de série n°1 formée par l'Espagnole Virginia Ruano Pascual et l'Argentine Paola Suarez en trois sets, 6-7 (5/7), 6-2, 9-7, pour s'offrir son premier titre en Grand Chelem dans cette discipline.

«Remporter une levée du Grand Chelem, même si cela ne concerne que du double dames, représente toujours un grand moment dans une carrière, et l'avoir réalisé le jour de mon anniversaire donne à l'événement un caractère encore plus spécial, expliqua-t-elle, un large sourire aux lèvres. J'adore jouer en double et cette victoire me procure beaucoup de réconfort vis-à-vis de ma finale perdue en simple. J'avoue, d'ailleurs, ne pas avoir rencontré trop de difficultés à surmonter ma déception, vu que je devais directement me reconcentrer pour ce double. J'estime franchement n'avoir aucune raison de me plaindre. J'ai atteint la finale du simple, j'ai gagné celle du double. Je crois que je peux être très fière de ma saison sur terre battue.»

La veille, pourtant, le titre suprême de championne de Roland-Garros s'était à nouveau refusé à elle. Dans une finale du simple dames historique pour le tennis belge, la Limbourgeoise n'a pas réussi à devenir la première à inscrire son nom au palmarès d'une levée du Grand Chelem. Deux ans après sa mémorable finale perdue ici même 12-10 au troisième set contre Jennifer Capriati, la Limbourgeoise a cette fois échoué contre Justine Henin-Hardenne.

«Il fallait bien que quelqu'un perde et malheureusement, ce fut moi...», confia-t-elle en des termes empreints de beaucoup de fatalisme. Je suis déçue, car j'estime avoir été loin de pratiquer mon meilleur tennis, mais je félicite Justine pour sa victoire. Il s'agit d'un grand moment pour elle et je suis très contente pour elle. Non, elle n'a pas gâché ma fête d'anniversaire. Elle a mérité de remporter cette finale. Elle était la meilleure.»

«J'ai hâte de revoir Beauty»

C'est vrai que Justine Henin a livré une excellente finale. Variant bien les effets et n'hésitant pas à rentrer dans le terrain quand l'occasion se présentait, elle n'a pas du tout donné l'impression d'être perturbée par l'importance de l'enjeu. Kim Clijsters, en revanche, est complètement passée à côté de son sujet. Comme si elle était retenue par un fil d'acier, comme si c'était elle, d'habitude si solide mentalement qui était paralysée par la portée de l'événement, la petite amie de Lleyton Hewitt n'est jamais vraiment parvenue à se libérer et à lâcher ses frappes dévastatrices du fond du court.

«J'étais nerveuse, c'est clair, car il s'agissait d'un grand événement, mais pas vraiment plus que d'habitude. En tout cas, je ne pense pas que ce facteur ait influencé l'issue de la partie, d'autant que les premiers jeux furent plus serrés que le score ne le laisse supposer. J'avoue que je ne parviens pas à avancer d'explication. À Berlin et à Rome, j'avais très bien joué, tandis qu'ici, je ne suis jamais parvenue à tutoyer ce niveau de toute la quinzaine. Dans ces cas-là, il ne me restait qu'une chose à faire, c'était de me battre. Je me suis accrochée, sans quoi j'aurais perdu le deuxième set plus facilement, mais Justine ne m'a rien laissé.»

Battue pour la deuxième fois de sa carrière en finale d'une levée d'un Grand Chelem, Kim Clijsters, cela dit, était loin d'en faire un drame. De nature positive, elle tournait déjà son regard vers de nouvelles échéances. Il est vrai qu'à vingt ans à peine, la fille de Lei a toute la vie devant elle et encore d'occasion de se rattraper.

«Ce n'est qu'un match de tennis. Ce n'est pas la fin du monde. Personne n'est mort. C'était chouette de se trouver sur le terrain et j'aurais bien aimé gagner, mais je suis encore jeune et j'espère que je bénéficierai d'autres occasions. Là, j'ai envie de rentrer chez moi et de prendre quelques jours de repos. Je vais aller jeter un coup d'oeil à l'aménagement de ma maison. Et puis surtout, j'ai hâte de retrouver mon chien Beauty...»

Rendez-vous à Wimbledon...

Lei Clijsters très déçu

PARIS Tout comme Lleyton Hewitt, son petit ami, qui n'avait cessé de la haranguer durant l'ensemble de la finale, Lei Clijsters, le père, n'a pas daigné donner de commentaire à la suite de la défaite de Kim contre Justine. Son visage, cela dit, en disait suffisamment long.

L'ancien Diable Rouge ne pouvait, ainsi, masquer sa déception. Lui qui s'était encore rapproché du court à la suite de la perte du premier set pour soutenir sa fille, alors qu'il reste généralement bien haut dans les tribunes en compagnie des parents Hewitt, fila directement dans les catacombes du court Philippe Chatrier. Le coeur gros, il assista devant la télévision à la remise des trophées par le roi Albert II. Et lorsqu'il entendit Justine dédier sa victoire à sa maman disparue, il déclara à voix haute et en français devant les personnes présentes: «c'est très beau pour la maman, mais pour le père, c'est bien pire...» Sa fille se montra nettement plus belle perdante...

«C'était le jour de Justine»

PARIS «Ce fut tout simplement le jour de Justine...» Marc Dehous, le coach de Kim, se voulait également fataliste à l'issue de la défaite de sa protégée en finale du simple dames. Considérant que la clef du match résiderait dans la capacité des deux joueuses à gérer la pression entourant l'importance de l'enjeu, il estimait que sa protégée possédait les meilleurs atouts. Une fois sur le court, certes, c'est tout le contraire qui s'est produit... «Je ne sais pas ce qui s'est passé, confia-t-il. Justine est apparue très volontaire, tandis que Kim n'a pas bougé comme elle sait le faire. Elle a gâché beaucoup de balles de break en début de match, mais ce qui m'a surtout frappé, c'est qu'elle n'a pas dégagé son mental habituel de combattante. Pourtant, j'étais confiant. Elle s'était très bien échauffée. On savait que Justine allait tout faire pour donner le moins de rythme possible aux échanges. Cette finale devait être la consécration d'une remarquable saison sur terre battue, mais Kim a malheureusement connu trop de hauts et de bas pour réussir à vraiment l'inquiéter...»

A 732 points de Serena

PARIS Ce n'est sans doute plus qu'une question de semaines... Sauf accident, Kim Clijsters deviendra, prochainement, la nouvelle reine du tennis féminin. Grâce à son remarquable début de saison, qui l'a vu s'imposer à Sydney, Indian Wells et Rome, ainsi qu'atteindre les finales à Anvers, Scottsdale et Berlin, la Limbourgeoise a, lentement mais sûrement, scié les pieds du trône sur lequel est installée, depuis l'été dernier, Serena Williams. En ramenant 553 points de son accession en finale du simple dames à Paris, tandis que l'Américaine en perdait 546 dans l'aventure de même que son titre, la fiancée de Lleyton Hewitt a vu son écart se réduire de 1831 points à 732 unités. La première place mondiale n'est donc plus du tout utopique et l'événement, avec un petit peu de chance, pourrait même se produire lors de Wimbledon. Serena Williams étant également tenante du titre sur le gazon londonien, elle ne pourra augmenter son capital points. S'étant inclinée dès le deuxième tour l'an dernier contre la Russe Elena Likhovtseva, Kim aura, en revanche, tout le loisir de le bonifier. La Belgique du tennis décompte déjà les jours...





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