Kim et l'amortie qui tue

Tennis

Mig. T.

Publié le

Face à Petrova, elle a sauvé une balle de set avant de s'envoler

PARIS Un match de tennis tient parfois à peu de chose. Dominée dans le premier set, Kim Clijsters se retrouva menée 5-4 et 40-30 sur le service de Nadia Petrova. Sur la balle de set, elle tenta, en désespoir de cause, une de ces amorties dont elle a le secret. On crut, un moment, que la balle allait échouer dans le filet.

Mais, téléguidée par on ne sait quel vent favorable, elle toucha la bande du filet et termina sa course dans le camp adverse. Même en chaussant ses bottes de sept lieues, la jeune Russe n'aurait eu aucune chance de la toucher!

Vous connaissez la suite: Clijsters égalisa à 5-5 et, toute requinquée, s'adjugea les deux jeux suivants pour remporter la manche. «Au début de la partie, je n'étais pas vraiment dans le coup. Je commettais pas mal de fautes directes, notamment en coup droit. J'avais du mal à m'adapter à son jeu. Et, en plus, elle jouait très bien. Sur la balle de set, j'ai vu que Petrova était assez éloignée du filet. Je me suis dit que c'était le bon moment pour tenter une amortie. Je ne sais pas ce qu'il serait advenu si je l'avais ratée. Mais je l'ai gagnée. Tant mieux...», expliquera la Limbourgeoise.

Elle sonna surtout le glas des espoirs de la talentueuse Moscovite.

Visiblement décontenancée par ce coup du sort, celle-ci offrit une résistance bien moindre dans la deuxième manche qu'elle perdit 6-1, en faisant à peine illusion.

Supérieure physiquement, dictant le rythme, imposant sa fantastique longueur de balle, Kim Clijsters ne fut, en vérité, plus jamais inquiétée. «Je suis évidemment très heureuse de me retrouver en finale. J'ai déjà vécu ce moment, ici même, en 2001. A l'époque, je ne me rendais pas vraiment compte de ce qui m'arrivait. Mais, croyez-moi, cette fois, c'est quasiment pareil...»

A bien y regarder, Kim a, jusqu'ici, négocié tous ses matches avec une grande sérénité. Hormis son premier set complètement raté face à Magdalena Maleeva et perdu 6-0, elle a remporté toutes ses parties de simples en deux manches, ne passant que 6 heures et 20 minutes sur les courts, soit une moyenne d'un peu plus d'une heure par rencontre! Le sort lui a, certes, été plutôt favorable.

Pour se hisser en finale, Kim n'a dû affronter aucune joueuse du Top 10 mondial. Mais elle aurait eu tort de ne pas en profiter.

Ce vendredi, la Limbourgeoise disputera, en compagnie de sa partenaire japonaise Ai Sugiyama, la demi-finale du double dames. «Ce sera un bon entraînement pour samedi. Ensuite, je passerai sur la table de massage. C'est l'endroit que je préfère à Roland-Garros. Et puis, rien de spécial...»

Son fiancé Lleyton Hewitt est resté à Paris pour la soutenir et l'encourager. «Mais il ne se mêle pas de la préparation de mes matches. J'ai mes habitudes, mes rituels...»

Samedi, face à Justine Henin, ce sera autre chose. «On se connaît par coeur. On a grandi ensemble sur les courts. Ce sera un moment fantastique pour nous deux et pour tout le tennis belge...»

© Les Sports 2003

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