Nadal n'apprécie qu'à moitié d'être le favorià sa propre succession

PARIS Il avoue, lui-même, ressentir une forme de pression. S'il remporte, ce lundi, son match de premier tour face au Suédois Robin Soderling (ATP 50), Rafael Nadal (ATP 2) entrera il est vrai dans l'histoire comme le joueur ayant gagné le plus grand nombre de rencontres consécutivement sur terre battue. À ce jour, l'Espagnol compte 53 succès au boulier compteur. Une victoire supplémentaire, et il devancerait le légendaire Guillermo Vilas, actuel recordman. «Ce serait fantastique. Mais plus que le record, c'est la qualification pour le deuxième tour qui m'intéresse», confie le tenant du titre.

Rafael Nadal se sent dans la peau du favori. Et il n'apprécie qu'à moitié ce statut. «Le numéro un mondial et le meilleur joueur du monde, c'est Federer», réplique-t-il, comme pour évacuer la montée du stress. Ici, à Paris, chacun rêve de fait d'une finale entre les deux premiers joueurs du monde. «Mais le chemin est encore long. Je ne m'attends pas à un tournoi facile», confie Nadal, d'une prudence de Sioux.

Histoire de coaching

Le Majorquin avoue que ses émotions sont très différentes de celles de l'année passée. «En 2005, je participais à mon premier Roland-Garros. Tout était nouveau. Je ne me posais aucune question sur le court. Je n'avais rien à perdre. Là, ce n'est plus la même chose. Je suis devenu moins naïf. Mais, d'un autre côté, je crois que, dans l'ensemble, mon jeu est devenu plus solide.»

Pour avoir gagné ses trois derniers duels face à Federer (à Dubaï, à Monte-Carlo et à Rome), Nadal sait qu'il sera le favori théorique d'un nouvel affrontement. «Et pourtant, c'est moi qui dois me rapprocher de lui et non l'inverse», ironise-t-il.

On sait que les deux hommes ont eu un léger différend lors du dernier tournoi de Rome. Federer avait, après sa défaite en cinq sets, reproché à l'oncle de Nadal -qui est aussi son coach- de lui donner des conseils durant la partie. «Toni n'a fait que m'encourager, comme le font 90% des entraîneurs sur le circuit. Le tennis est le seul sport où un coach ne peut pas parler à son joueur. On devrait vraiment changer cette règle...» ajoute-t-il.

Et si tout cela faisait déjà partie de la fameuse guerre des nerfs? À l'évidence, les matches Nadal-Federer vont devenir, dans les prochaines années, de vrais classiques du tennis mondial comme le furent, autrefois, les rencontres entre Borg et McEnroe ou Sampras et Agassi. Alors, pour faire monter la mayonnaise, rien de tel que quelques petites polémiques...

© Les Sports 2006