Pour la première fois depuis 1989 l'Américain ne sera pas là. Par contre, Papa Williams est venuà Londres pour surveiller ses filles

LONDRES C'était devenu sa propriété, même si, il y a douze mois, il se fit subtiliser son titre par un garnement australien. Avec sept victoires en quatorze participations, Pete Sampras a, en effet, marqué au fer rouge de son talent si pur ce gazon sacré où il s'est tout de suite senti à l'aise. Tout au long des années 90, et même encore au début de ce siècle, il ne fallait donc pas chercher bien loin le nom du grandissime favori pour l'édition qui s'ouvrait. Une constatation qui n'est évidemment plus de mise puisque l'Américain, on le sait, ne reviendra sans doute plus jamais sur le circuit ATP. Qui, alors, est le mieux placé pour se glisser dans cet habit de lumière que Sampras a si souvent porté sur le center court ? En fait, il n'y a pas un candidat mais une foule de prétendants qui, c'est vrai, partent avec des chances sensiblement égales. Même Juan Carlos Ferrero, dernier vainqueur en date du tournoi de Roland-Garros, n'est pas à négliger, lui dont la gamme de coups est suffisamment variée pour en faire, qui sait? le successeur espagnol de Manuel Santana au palmarès.

L'heure de Roddick?

Il y a, bien sûr, aussi, l'inusable Andre Agassi qui, onze ans après sa victoire en finale face à Goran Ivanisevic, se propose de mordre à nouveau, avec la passion du jeu qu'on lui connaît, dans cette herbe qu'il a désormais appris à bien dompter. Mais comme ce fut encore le cas dernièrement au Queen's, malgré ses qualités exceptionnelles de retourneur, Agassi reste à la merci d'un grand serveur modèle: Sampras ou, aujourd'hui, Andy Roddick. L'heure de ce dernier va-t-elle sonner comme elle l'a déjà fait au Queen's? C'est fort possible, surtout depuis que l'Américain est coaché par Brad Gilbert, l'ancien conseiller d'Agassi, un élément que l'on sait habile pour tenir dans sa main de fer les élèves doués mais turbulents!

On signalera encore dans ce tour d'horizon la cote sentimentale dont bénéficieront les deux joueurs locaux, Tim Henman et Greg Rusedski, la cote du talent qui s'attache au Suisse Roger Federer dont il est impossible qu'il ne parvienne pas, enfin, à briller dans une levée du Grand Chelem et la cote liée à la... surprise de l'année, comme le fut l'année dernière l'Argentin Nalbandian, inattendu finaliste qui n'est pas encore remis, aujour- d'hui, de ce fait de gloire qui l'a manifestement totalement dépassé!

Les Williams en pole position

Chez les dames, la situation est évidemment plus simple. Car sans fausse modestie, on peut résumer l'épreuve en un match entre les soeurs Williams et nos deux joueuses belges, duel de feu que pourraient, peut-être, arbitrer deux poupées russes dont la longiligne Nadia Petrova, très efficace au niveau du service. Mais pour nous, surtout depuis que leur père est revenu auprès d'elles pour mettre de l'ordre dans la maison, Serena et Venus Wil- liams partent en pole position!

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