Le joueur allemandse met à nudans son autobiographie

FRANCFORT Celui qui étonna la planète sur le gazon béni de Wimbledon révèle, dans une autobiographie à paraître, une longue dépendance aux somnifères et à l'alcool pour combattre la pression, la solitude et la dépression, et affirme même avoir demandé à sa femme lors d'un délire nocturne de lui tirer dessus. «Les somnifères ont été mon gros problème», déclare le triple champion de Wimbledon qui explique ses longues années d'insomnie, et la dose croissante de somnifères associés à la bière et au whisky qu'il a ingurgités pour tenter de combattre ce manque de sommeil.

Dépendant aux médicaments, à l'alcool et aux... femmes!

Sa dépendance a débuté en 1987, deux ans après avoir remporté Wimbledon comme teenager. «J'ai voulu enrayer la dégringolade, retrouver le sommet, gagner à nouveau, à n'importe quel prix. J'ai cru trouver une parade à tous les problèmes: contre un mauvais coup droit, deux heures d'entraînement aux coups droits; contre un mauvais service, deux heures d'engagements forcenés; il y avait le Planum (somnifère) contre l'insomnie, d'autres pilules contre la douleur; contre la solitude, les femmes faisaient l'affaire, comme le whisky, parfois les deux ensemble.»

Il a demandéà sa femme de le... tuer!

Jusqu'en 1992, soit cinq ans après y avoir goûté pour la première fois, Becker a été prisonnier des médicaments. Jusqu'à ce que sa femme Barbara, «balance par la fenêtre la dernière boîte».Becker raconte encore comment, rentré ivre-mort de la Oktoberfest de Munich, il avait demandé à sa femme de lui tirer dessus. «C'était une nuit tranquille d'octobre quand j'ai demandé à ma femme d'ouvrir le feu. J'étais debout presque nu sur la terrasse de notre appartement de Munich. Je n'arrivais plus à maîtriser les montagnes russes dans mon crâne», explique-t-il.Boris Becker a obtenu ses premiers somnifères par l'intermédiaire du médecin de l'équipe allemande de Coupe Davis, Joseph Keul. Il avait dû ensuite augmenter les doses, au fil des années, l'effet des pilules ne durant pas plus de trois ou quatre heures. «Il y a eu des moments où mes yeux ne pouvaient se fermer sans pilule.» Les médicaments l'ont aussi rendu déprimé et mélancolique, et affecté ses performances sur le court. La nuit, avant sa finale de Wimbledon 1990, face à Stefan Edberg, Becker a dû par deux fois prendre une dose et est arrivé en retard à l'échauffement du match. «J'ai débuté la rencontre comme un somnambule..." Il devait perdre les deux premiers sets, remporter les deux suivants et perdre dans le cinquième.

Les 5 minutes qui l'ont ruiné

Becker revient aussi sur sa relation avec le mannequin russe Angela Ermakova et «les cinq minutes" qui l'ont ruiné, au propre comme au figuré, en juin 1999. «Cinq minutes de conversation, puis nous l'avons fait dans le premier recoin venu, en fait, dans la lingerie d'un hôtel de luxe londonien», raconte Boum- Boum, âgé, aujourd'hui, de 35 ans. Huit mois plus tard, un fax l'informait que «le fruit de notre rencontre en est... à son huitième mois».

La naissance d'Anna, dont Becker a reconnu la paternité, a fait le bonheur des journaux populaires, avant de mener au divorce de l'ancien champion.

Boris Becker devrait donc retrouver le haut de l'affiche avec la sortie, la semaine prochaine, de son autobiographie, dont les bonnes feuilles sont publiées depuis lundi par le quotidien populaire allemand Bild. En proie à des difficultés financières et judiciaires, il devrait non seulement se renflouer grâce à ses mémoires mais également élargir ses perspectives de reconversion. Il est en négociation avec plusieurs chaînes de télévision...

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