La révérence de Kafelnikov

Tennis

Serge Fayat

Publié le

La révérence de Kafelnikov
© EPA
La Coupe Davis devrait constituer son dernier fait d'armes

MOSCOU Evgueni Kafelnikov a retrouvé le sourire. A la veille de l'importante demi-finale de la Coupe Davis qu'il livrera, de vendredi à dimanche, avec la Russie contre l'Argentine à Moscou, il a remporté à Tachkent le deuxième tournoi de sa saison en battant le Biélorusse Vladimir Voltchkov 7-6 (8/6) et 7-5 en finale.

`Je ne voudrais jamais changer ce trophée contre un tournoi du Grand Chelem, expliqua-t-il, à l'issue de sa victoire. Cette coupe occupe une place à part dans mon coeur...´ Les choses n'ont pas toujours été roses ces derniers temps pour le natif de Sochi. Sa saison 2002 s'est même, jusqu'à présent, assimilée à un long chemin de croix. Vainqueur sur le gazon de Halle, au mois de juin, il a surtout multiplié les défaites prématurées et les contre-performances, la dernière en date n'étant autre qu'une élimination sans gloire en trois petits sets au stade du deuxième tour à l'US Open contre le Slovaque Dominik Hrbaty.

`Je suis dans le trou et je ne sais pas comment m'en sortir. Mon jeu, à l'heure actuelle, n'est tout simplement pas suffisamment bon. Pourtant, ce n'est pas faute d'être motivé. Je me suis toujours livré à fond sur le court, même si je pouvais parfois donner l'impression de ne pas jouer à 100%...´

Une réputation de balanceur

Evgueni Kafelnikov semble si sincère qu'on serait largement tenté de le croire. Le problème, c'est qu'il traîne derrière lui une réputation de joueur fantasque qui ne plaide pas en sa faveur. Ces dernières années, il a même été affublé du label de balanceur, l'un des termes les plus péjoratifs du jargon, qui s'applique à ceux laissant, pour un oui ou pour un non, filer des matches sans offrir la moindre résistance.

Pourtant, quand il veut, le Russe peut encore se montrer irrésistible. Pas plus tard que l'an dernier, justement à l'US Open, il avait livré un parcours somptueux pour atteindre les demi-finales, effaçant par trois fois un déficit au score et battant Gustavo Kuerten, le numéro un mondial de l'époque, avant de s'incliner contre Lleyton Hewitt. Et la semaine passée à Tachkent, il a sauvé trois balles de match au premier tour contre le modeste joueur allemand Alexander Waske (ATP 137), avant de vaincre une luxation de l'annulaire gauche en demi-finale contre Paradorn Srichaphan en route vers le 26e titre de sa carrière.

Vainqueur à Roland-Garros en 1996 et à l'Australian Open en 1999, champion olympique à Sydney en 2000, numéro un mondial en 1999, Evgueni Kafelnikov est, en fait, à 28 ans, épuisé. Professionnel depuis 1992, ce stakhanoviste des courts qui disputa jusqu'à 150 matches sur une saison, simple et double confondus, n'a plus qu'une source de motivation, la Coupe Davis.

`J'ai envie de renvoyer l'ascenseur à mon pays, clame-t-il. Je sais par exemple très bien que je gagnerai jamais Wimbledon. En revanche, je veux remporter la Coupe Davis. C'est le seul objectif que je n'ai pas atteint. Je suis un homme de parole. Si la Russie l'emporte, je prendrai ma retraite.´

Et s'il ne triomphait pas? Il s'en ira vraisemblablement aussi...


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