Coco Gauff a validé pour la première fois de sa carrière son ticket pour les quarts de finale d’un Grand Chelem. L’Américaine, qui a battu quelques records de précocité ces dernières années, est de retour au premier plan. En 2019, elle avait été exposée sur le devant de la scène en atteignant à 15 ans la deuxième semaine à Wimbledon. À la suite de cette surexposition médiatique, elle avait reconnu des difficultés à gérer cette nouvelle notoriété. Sa saison 2020 était celle de la digestion de ce statut parfois écœurant.

L’hiver dernier, elle a retravaillé ses faiblesses comme une vieille roublarde du circuit. Les résultats ne se sont pas fait attendre. À Rome, elle avait battu Putintseva, Sakkari, Sabalenka et Barty. Elle avait enchaîné avec un titre à Parme. Coco confirmait un début de saison déjà encourageant.

Beaucoup d’aces ont été claqués depuis son premier tour qualif à l’US Open en 2018. Le tennis lui a volé l’insouciance de son enfance. À l’aube de ses 16 ans, elle était en proie aux doutes. La déprime n’était pas loin. Elle a rebondi grâce à un socle familial très solide. "Avoir ma famille à mes côtés en tournoi rend tout plus léger et amusant , expliquait-elle. Vous passez beaucoup de temps dans la chambre d’hôtel. Je suis heureuse de la présence de ma maman qui n’était pas là lors des derniers tournois. Je suis reconnaissante que mes frères m’aient laissée leur voler les parents."

La native d’Atlanta a toujours gardé ce lien vital avec son sang. Pourtant, à 10 ans, elle était arrachée des siens. En 2015, Patrick Mouratoglou, himself, l’a repérée et invitée au sein de son académie française à Sophia Antipolis.

Ses parents acceptent ce destin hors norme d’autant plus facilement que le sport fait partie de l’ADN familial. Son papa Corey l’entraînait avant de donner le flambeau.

Sa mère, Candi Odom, a connu ses heures de gloire en Floride lorsqu’elle pratiquait l’athlétisme à l’université. Elle a tout de suite compris le potentiel de sa fille. "J’ai su qu’elle avait un don et le talent indispensable à la pratique quand elle avait 3 ans."

Son père, Corey, était basketteur à l’université de Géorgie. "Je veux être la meilleure, avait déclaré Coco. Mon père m’a dit que j’en étais capable quand j’avais 8 ans."

Comme Corey voulait le meilleur pour sa famille, il s’est inspiré de son homologue, le père des sœurs Williams. "J’ai une foi inébranlable en ma fille. Je pense qu’elle a ce qu’il faut pour remplir les objectifs qu’elle s’est fixés."

Coco a toujours annoncé la couleur. Elle ne veut que la première place mondiale. "Je lui ai toujours dit que je voulais être la meilleure joueuse du monde et que je pourrais changer le monde avec une raquette", dit Coco.

En quart de finale, elle affrontera Barbora Krejcíková qui disputera également son premier quart en Major.