Tennis

Jo-Wilfried Tsonga n'a pas supporté le voyage en avion depuis Marrakech: les effets de la maladie du sang dont il souffre ont eu raison mardi de ses forces et de son dos, l'obligeant à abandonner au 1er tour du Masters 1000 de Monte-Carlo.

"Je suis arrivé dimanche soir de Marrakech (où il a joué les demi-finales, ndlr) et je suis allé taper la balle un peu lundi. J'avais déjà des courbatures en bas du dos, et aujourd'hui, je suis allé sur le terrain mais j'étais dans l'incapacité de jouer: je manquais d'énergie et je ne pouvais pas défendre mes chances", a-t-il raconté quelques heures après son abandon face à l'Américain Taylor Fritz.

Mené 6-4, 2-0 en moins d'une heure de jeu, le Français a jeté l'éponge, victime de la drépanocytose. Cette maladie génétique, dont il a révélé souffrir en janvier durant l'Open d'Australie, affecte l'hémoglobine et provoque crises de douleurs, anémies et des risques accrus d'infections. Elle l'épuise notamment lorsqu'il monte en altitude.

"J'ai des problèmes à enchaîner les tournois parce que quand je prends l'avion, je perds mon énergie", a-t-il expliqué avant d'ajouter, résigné: "il n'y a rien de trop grave, chez moi ça devient la normalité".

"J'aurai eu le mérite d'essayer, si ça ne passe pas, je rentre chez moi me reposer, ça fait partie de mon histoire, de mon personnage", a-t-il commenté.

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En train à Madrid

Contre Fritz, il avait bien démarré la partie en prenant d'entrée le service de son adversaire et en confirmant son break. Mais l'Américain a ensuite aligné trois jeux de suite, tandis que le Français paraissait de plus en plus inoffensif. Manque d'explosivité, service défaillant et pas aussi puissant qu'à son habitude, difficultés croissantes côté revers et déplacements insuffisants... l'issue de la partie est apparue de plus en plus inexorable.

Tsonga a bien fait venir le kinésithérapeute sur le court juste après avoir perdu le premier set pour se faire manipuler, mais rien n'y a fait: il a rapidement abandonné quelques échanges plus tard, incapable de lutter. Demi-finaliste la semaine dernière à Marrakech, il a bénéficié d'un classement protégé pour entrer dans le tableau principal à Monte-Carlo, malgré sa 102e place à l'ATP. Mais l'ex-N.1 français ne baisse pas les bras car il estime toujours pouvoir "faire de belles choses" lorsqu'il est en forme.

"J'essaye d'adapter au maximum mes déplacements pour ne pas trop monter en altitude", a-t-il souligné, espérant être remis pour le Masters 1000 de Madrid qui débute le 5 mai. "Je vais être suivi médicalement pour ne pas faire de bêtise, car je dois récupérer. J'ai fait des prises de sang (mardi) pour savoir quand je pourrai reprendre".

Il souhaite pouvoir s'entraîner à Barcelone dans quelques jours. "Ensuite, je prendrai le train pour Madrid", a-t-il lancé dans un éclat de rire.

De son côté, Fritz (65e mondial) affrontera l'Argentin Diego Schwartzman (24e) au 2e tour de Monte-Carlo.

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