A Kooyong, Andre Agassi affrontait, cette nuit, le jeune Français Gasquet

MELBOURNE Il y a seize ans, Andre Agassi entamait sa brillante carrière dans le tennis professionnel. La même année, à Béziers, naissait Richard Gasquet. La nuit dernière pour nous, les deux joueurs se sont affrontés au deuxième tour du Tournoi de Kooyong, répétition générale de l'Open d'Australie, le Français ayant brillamment sorti, la veille, le Marocain Younes El Aynaoui (7-6, 6-3). Sept titres du Grand Chelem et quelque 154 places à l'ATP séparaient ces deux symboles générationnels, mais sur le court, le fossé ne semblait pas insurmontable. Tête de série n°18 à l'Open d'Australie, El Aynaoui n'avait pas pesé bien lourd face au jeune Biterrois qui s'est consciencieusement appliqué à le promener sur la largeur du court, prenant son service très tôt sans se laisser impressionner par son expérience. `C'est une excellente victoire, je suis content!´ a-t-il timidement avoué dans un anglais encore hésitant. Loin de prendre ce dernier coup d'éclat pour une consécration, Gasquet espère bien tirer le meilleur parti de son invitation à l'Open d'Australie. `J'espère remporter beaucoup de victoires à Melbourne!´ a expliqué le 156e mondial qui demeure surtout le joueur le plus jeune à avoir passé un tour dans un Masters Series. C'était en avril dernier, à Monte-Carlo, face à Franco Squillari. `C'est étrange pour moi, a-t-il poursuivi à propos de sa confrontation avec l'Américain, parce que je le vois tout le temps à la télévision et que, maintenant, je joue contre lui. Je l'ai vu quand j'étais bébé. J'essaierai juste de jouer mon meilleur tennis.´ Le jeune Français avait, en effet, intérêt à rassembler tout son talent et capitaliser sur son revers dévastateur, la détermination et la puissance du Kid de Las Vegas, intactes malgré ses 32 ans. A témoin, sa victoire en deux sets, mercredi, face au Suédois Thomas Enqvist, l'une des récentes victimes de notre compatriote Kristof Vliegen.

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