On aurait pu vous dire de jouer la sécurité et de suivre l’un des matchs des stars du circuit ce samedi avec Djokovic, Kenin, Tsitsipas, Muguruza ou encore Dimitrov qui seront en action sur les courts de la Porte d’Auteuil. Mais la beauté d’un Grand Chelem, c’est de découvrir, surtout en première semaine, des jeunes, des surprises, des joueurs inattendus qui feront peut-être le tennis de demain ou d’après-demain. Et c’est pour cela qu’il sera intéressant de jeter un œil sur la rencontre prévue en deuxième rotation sur le court Simonne-Mathieu entre la Chinoise Shuai Zhang et la jeune Française de 19 ans Clara Burel. À l’instar de Hugo Gaston dans le tableau féminin, la Bretonne représente la nouvelle vague du tennis français. Et en se qualifiant pour le troisième tour après des succès contre Juvan et Rus, elle a fait honneur à l’invitation reçue pour participer à Roland-Garros. Et contre Shuai Zhang, celle qui est la joueuse la moins bien classée au troisième tour avec son 357e rang au classement WTA, compte bien prendre une revanche par rapport à une fille qui vient de la battre au tournoi de Strasbourg.

“Même si j’avais perdu en deux sets, cela avait été un match accroché où j’avais eu deux balles de set, expliqua Clara Burel. J’ai l’avantage de la connaître, mais elle aussi. Et peu de joueuses l’ont, comme je viens d’arriver sur le grand circuit. Ce qui m’arrive depuis une semaine est un peu fou. Je ne m’y attendais pas forcément, mais j’étais prête pour cela. Ce n’est que de la joie. Je prends cela comme une opportunité de bien faire. Je ne me mets pas de pression. Ce n’est que du bonus.”


Mais celle qui a été championne du monde en juniors, ce qui avait poussé Yannick Noah à la faire participer au match de Fed Cup contre la Belgique en 2019, doit quand même ressentir une certaine pression car du côté de la fédération française elle a souvent été présentée comme la nouvelle pépite du tennis féminin tricolore.

“Elle a beaucoup d’ambition, avait confirmé son entraîneur Alexia Dechaume en début de semaine. Elle ne parle pas beaucoup, mais elle sait où elle veut aller, avec la tête sur les épaules. Je crois que c’est juste de parler de force intérieure quand on évoque Clara.”

Une force de caractère présente chez la Bretonne qui a déjà perdu un an sur le circuit suite à une opération au poignet subie en mai 2019 et qui a demandé de longs mois de revalidation. Mais aussi une volonté de fer quand pendant le confinement et l’arrêt du circuit elle a suivi un stage commando pendant cinq semaines avec le directeur du haut niveau de la fédération française de tennis, Thierry Champion. L’objectif étant de redémarrer sur les chapeaux de roues quand les feux seraient à nouveau au vert.

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“Quand je discutais avec Thierry Champion, il me disait qu’elle avait clairement les coups d’une top 20”, racontait dans le Télégramme son sparring François-Xavier Le Gaouyat. “J’adore son coup de raquette, confirmait Champion dans l’Equipe. Et sa vision du jeu qui lui permet d’anticiper. Il y a une vraie intelligence, même s’il y a évidemment peu de repères à ce niveau-là. Durant ces cinq semaines en Bretagne, elle m’a impressionné dans sa capacité à être très constante dans les doses d’entraînement. Avec elle, on insiste beaucoup dans le dépassement de soi, aller chercher le plus loin possible à chaque fois.”

Il ne fait donc aucun doute que malgré un jeu qui n’est pas encore parfaitement en place, qui connaît encore trop de up and down, Clara Burel se donnera à corps perdu contre Shuai Zhang pour poursuivre encore un peu plus loin son magnifique parcours à Roland-Garros et faire découvrir aux yeux des fans français mais aussi du monde entier la nouvelle génération bleu-blanc-rouge. Et le succès de Hugo Gaston contre Stan Wawrinka ce vendredi soir ne peut qu’inciter la Bretonne à croire en ses chances.