MASTERS - Le coup de maître de Kim Clijsters

Tennis

Miguel Tasso

Publié le

MASTERS - Le coup de maître de Kim Clijsters
© Belga/AFP
La Limbourgeoise n'a laissé aucune chanceà Amélie Mauresmo(6-2, 6-0)

LOS ANGELES Kim Clijsters a terminé la saison en boulet de canon, remportant, à Los Angeles, son deuxième Masters consécutif. En finale, la Limbourgeoise n'a laissé aucune chance à Amélie Mauresmo. Six-deux, six-zéro: il n'a fallu que 52 minutes à la protégée de Marc Dehous pour sceller son couronnement. «J'ai sans doute livré mon meilleur match de l'année. J'étais en pleine confiance. Même lorsque j'étais mal placée, j'avais le sentiment que j'allais gagner le point. Je voyais la balle grosse comme un ballon de football. Rien ne pouvait m'arriver...» confia la lauréate après son exhibition sur la scène du Staples Center.

En vérité, le succès de Clijsters dans ce Masters ne souffre pas la moindre discussion. Elle avait déjà impressionné dans ses rencontres de poule face à Dementieva, Rubin et Mauresmo. Un moment inquiétée par Jennifer Capriati en demi-finale, elle avait complètement renversé la situation pour s'imposer en roue libre. Et que dire de sa prestation en finale où elle survola les débats, passant la bagatelle de 78% de premières balles de service, ne commettant, en tout et pour tout, que dix fautes directes et remportant 55 des 83 points disputés! Accrochée en début de partie (elle perdit même d'emblée son service), Kim trouva ensuite son rythme de croisière et gagna les huit derniers jeux de la partie! «Il y a des jours comme cela où tout fonctionne parfaitement!» souriait-elle, son beau trophée entre les mains.

Avec plus de cent matches de simple joués cette saison, Kim aurait pu accuser le poids de la fatigue à l'occasion de ce dernier tournoi de l'année. Il n'en fut rien. «Physiquement et mentalement, je me sentais même plutôt bien. Je n'ai pas de véritable secret pour entretenir ma forme. Disons que je ne suis pas obsédée par le tennis et qu'entre les matches, je ne passe pas ma vie à m'entraîner. Je m'accorde un maximum de temps libre où je parviens à sortir de ma bulle, à oublier la compétition. C'est peut-être ça ma recette gagnante...»

Là où, à Roland-Garros et à l'US Open, elle avait incompréhensiblement raté ses finales face à Justine Henin, elle a, cette fois, dicté sa loi sans trembler, confirmant clairement son statut de meilleure jou- euse du monde en indoor. Au passage, elle a également hérité du plus gros chèque jamais offert à une joueuse de tennis: plus d'un million de dollars! «Mes vacances en Australie avec mon fiancé Lleyton Hewitt n'en seront que meilleures!» sourit- elle.

Seul petit regret pour la Limbourgeoise: ne pas avoir, malgré ses neuf victoires en tournois, terminé l'année sur le trône de n°1 mondial. «Mais Justine mérite cette place. Elle a gagné deux tournois du Grand Chelem...» précise-t-elle.

En 2004, Kim s'efforcera d'inscrire, à son tour, un des quatre Majors à son tableau de chasse. Elle en a clairement les moyens et elle pourra alors revendiquer, de plein droit, un statut de number one.

«Je n'étais pas dans le match»

Si brillante face à Henin, Mauresmo a craqué face à Clijsters

LOS ANGELES Amélie Mauresmo n'a pas été au bout de son rêve. Après avoir forcé les portes de l'exploit, dimanche, en dominant Justine Henin en demi-finale, la Française a craqué d'une pièce en finale face à Clijsters. «Je sais que Kim a affirmé qu'elle avait signé son meilleur match de l'année. Pour ma part, je crois malheureusement avoir livré l'un de mes plus mauvais...» ironisait-elle après sa lourde défaite.

Là où, dans sa rencontre de poule perdue en trois sets, elle avait réussi à inquiéter la Limbourgeoise, elle n'a, cette fois, jamais trouvé la parade. Un service hésitant (57% de premières balles), cinq doubles fautes, dix-huit fautes directes: la Française est vraiment passée à côté de son sujet. «A 5-2 contre elle dans le premier set, je lui ai fait signe de se lâcher. Elle n'avait plus rien à perdre. Mais, hélas! elle est restée en dedans tout le temps. A vrai dire, rien n'a fonctionné ce lundi soir!» regrettait Loïc Courteau, son entraîneur.

Amélie Mauresmo tire, néanmoins, un bilan positif de ce Masters. Quasiment éliminée après ses défaites face à Chanda Rubin et Kim Clijsters en phase préliminaire, elle a miraculeusement obtenu son visa pour les demi-finales grâce au succès d'Elena Dementieva sur Chanda Rubin. «Et ma demi-finale face à Justine demeurera comme l'un des grands moments de ma saison. J'ai vraiment sorti un grand match...»

Malgré des résultats en demi- teinte et des forfaits à l'Open d'Australie et à Wimbledon, la Française termine l'année à la quatrième place mondiale avec deux victoires (Varsovie et Philadelphie) et six finales (Open Gaz de France, Rome, Moscou, Masters). «C'est de bon augure pour l'année prochaine...»

De son propre aveu, Mauresmo a pour ambition de devenir un jour n°1 mondial. «Elle en a tout à fait les moyens!» confiait Justine Henin après sa défaite en demi-finale.

Mais il lui faudra faire preuve de davantage de constance. Capable de briller un jour, elle peut complètement s'éclipser le lendemain. A ce niveau, cette irrégularité ne pardonne pas. «Mais je crois être sur la bonne voie...» ajoutait-elle.

Au contraire de Kim Clijsters et de Justine Henin, déjà en vacances sous d'autres latitudes, Amélie Mauresmo a encore du pain sur la planche. Avec l'équipe de France, elle s'apprête, en effet, à participer à la phase finale de la Fed Cup, à Moscou. La Belgique est également qualifiée pour cette épreuve mais, vous le savez, les deux premières joueuses mondiales, usées par une saison très longue, ont, en effet, préféré s'abstenir de cette ultime corvée.



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