Amélie Mauresmo n'est pas étonnée de constater que les joueuses du top sont très souvent absentes pour blessure

ROME Elle serait bien la dernière à s'étonner de l'épidémie de pépins physiques dont sont victimes, depuis quelques mois, nombre de joueuses membres du top mondial. Pour avoir elle-même été contrainte, dans le passé, à s'abonner aux salles de rééducation, la Française comprend les soucis qui, aujourd'hui, minent Kim Clijsters ou ont pu écarter des courts des joueuses comme Justine Henin et les soeurs Williams. «Le niveau a sensiblement augmenté ces dernières années et nous sollicitons beaucoup nos organismes, pour s'entraîner et jouer», a confié la Française, engagée cette semaine dans le tournoi de Rome après s'être imposée, dimanche dernier à Hambourg, sans avoir eu à disputer la... finale!

«Il faut revoir le calendrier international»

Les causes de tous ces maux qui ont le désavantage de fausser en partie les tournois les plus importants sont, c'est évident, à puiser dans la transformation physique désormais imposée aux joueuses. Effectivement, celle qui souhaiterait briller au plus haut niveau se doit, désormais, de se construire un physique qui fait essentiellement la part belle à la puissance. Une transformation, on a pu le vérifier avec Justine Henin, qui n'a rien d'illicite mais qui, c'est vrai, impose à la joueuse concernée une masse d'efforts très inhabituels pour elle. «Je pense, en effet, que le jeu est devenu de plus en plus exigeant, confirme Amélie Mauresmo. Le niveau a sensiblement augmenté ces dernières années et nous sollicitons beaucoup nos organismes, pour s'entraîner et jouer.»

Ce qui ne serait encore qu'un moindre mal si le calendrier international proposait aux joueuses de longues plages de récupération. A l'inverse, parce qu'il faut faire fonctionner le business, on a instauré le régime des travaux forcés. «On essaie de s'adapter au calendrier, de se ménager des temps de repos, d'être certains que nous récupérons bien, mais parfois ce n'est pas évident», a encore avoué la Française.

Pour abonder dans son sens, on n'en retiendra que l'écart, trop étroit, qui existe en fin d'année entre le Masters et l'Open d'Australie. Un peu moins de sept semaines, c'est trop peu, c'est évident, et Mauresmo le confirmera, elle qui dut s'éclipser en quarts de finale du tournoi australien parce que son dos venait de rendre les armes. «C'est vrai que la saison se termine un peu tard. Personnellement, après Melbourne, j'ai pris le temps pour assurer ma guérison. Depuis, mes problèmes de dos sont résolus et j'ai envie de gagner d'autres matches ici à Rome pour prendre un peu confiance.»

Il est vrai qu'à Roland-Garros, en raison des circonstances que l'on sait, elle aura une belle carte à jouer. Mais Amélie Mauresmo a-t-elle, aujourd'hui, un mental digne de son physique? On le lui souhaite car la pression qu'elle devra gérer vaut toutes les haltères du monde!

© Les Sports 2004