La terre battue n’est pas sa surface de prédilection et pour le moment il ne semble pas encore prêt à se persuader du contraire ou au moins du fait qu’il peut y briller. Daniil Medvedev, troisième joueur mondial, ne réussira à décrocher un titre sur l’ocre qu’à partir du moment où son cerveau acceptera ce challenge. Et pour le moment, ce n’est pas encore le cas malgré une victoire à Madrid face à l’Espagnol Alejandro Davidovich Fokina (6-4, 4-6, 2-6).

Un succès qui a mis fin à 739 jours sans victoire sur terre battue. Depuis l’édition 2019 du tournoi de Barcelone où il disputa la finale face à Dominic Thiem, le Russe restait sur cinq défaites dès son entrée en lice dans les tournois où "il salit ses chaussures" : Roland-Garros 2020 contre Marton Fucsovics, Hambourg 2020 contre Ugo Humbert, Roland-Garros 2019 contre Pierre-Hugues Herbert, Rome 2019 contre Nick Kyrgios et Madrid 2019 contre Guido Pella.

Ce mercredi après-midi contre Davidovich Fokina, après la perte du premier set, on pouvait penser que la série allait se poursuivre quand Medvedev lâcha un "Je n’ai pas envie de jouer ici, sur cette surface" avant de frapper le sol avec sa raquette. Ce qui offrit un petit dialogue avec l’arbitre :

- "Vous serez averti si vous abîmez le court en frappant avec votre raquette."

- "Mais c’est déjà un mauvais court. C’est déjà abîmé, quand je glisse…"

- "C’est de la terre battue."

- "Oui, c’est une mauvaise surface. Je ne peux pas abîmer une mauvaise surface."

Après avoir repris ses esprits, Medvedev remporta les deuxième et troisième sets avant d’inscrire sur la caméra au moment de la signer et de quitter le court un subtil : "J’adore la terre battue."

Qui reste la plus mauvaise surface du dernier vainqueur du Masters avec un bilan de 11 victoires pour 18 défaites (38 % de succès) sur l’ocre. Un chiffre bien loin de ses 72 % de victoires sur dur, 60 % sur herbe et 67 % sur l’ensemble de sa carrière.