L’Espagnol aborde cet Open d’Australie dans le flou après avoir connu de nouveaux pépins physiques.

Rafael Nadal fête le dixième anniversaire de sa seule victoire à l’Open d’Australie mais il n’a pas l’esprit suffisamment léger pour fêter ça. Opéré de la cheville droite en novembre, après avoir aussi eu des soucis à un genou et aux abdominaux depuis la demi-finale du dernier US Open, le n°2 mondial n’a joué qu’un match avant de débarquer à Melbourne. Celui qui ne se rassure que par les victoires et les heures passées sur les courts est sacrément sevré au moment de disputer le premier tournoi du Grand Chelem de la saison. Mais comme il a malheureusement l’habitude des retours de blessure, il ne se frustre pas.

“Si je ne me sentais pas bien, je ne serais pas ici. J’ai quasiment entièrement récupéré depuis l’opération même si évidemment après des mois sans compétition et des problèmes pour m’entraîner il est normal de souffrir à la reprise. Comme une blessure à la cuisse gauche qui le pousse à déclarer forfait à Brisbane. “Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. J’accepte les défis que mon corps présente et que ce sport présente. Je reviens d’une période difficile mais avec la plus grande motivation possible. Je suis vraiment heureux d’être ici.” Et il est revenu avec une surprise : un nouveau geste de service. Il a juste expliqué que ça devait l’aider dans son jeu “sur le long terme” sans entrer dans les détails.

Le long terme, Andy Murray n’en a plus en vue dans le tennis alors forcément son grand rival et ami a eu de la peine en apprenant la retraite imminente de l’Ecossais. “Evidemment, c’est une très mauvaise nouvelle et une grande perte pour tout le monde du tennis. On a été amis et rivaux pendant si longtemps… On jouait déjà l’un contre l’autre en moins de treize ans ! Mais il a déjà accompli tant de choses et souffrait tellement… Quand un tel joueur ne peut plus être compétitif pour les titres qui donnent envie de se lever le matin, c’est trop compliqué. Il a sans doute pris la meilleure décision. On a vécu des moments inoubliables ensemble. Mais vous savez, il y a dix ans c’était la norme de partir à la retraite à l’âge d’Andy. Terminer comme ça est dur mais à la fin le positif de sa carrière l’emportera.”

Nadal, dont le corps a plus cassé que les trois autres réunis, estime qu’il n’est pas encore arrivé au point de non retour. “Je ne suis encore jamais arrivé à ce stade. J’ai toujours cru qu’on trouverait une solution pour revenir. Evidemment il y a des périodes où on ne voit pas la lumière au bout du tunnel et c’est dur mentalement mais il faut s’accrocher. Je sais que le tennis ce ne sera pas pour toujours mais je veux me donner la chance de pouvoir encore me battre pour les choses qui comptent pour moi. Le jour où je ne pourrai plus être compétitif, alors il sera temps de faire autre chose.” Pour le moment, il a rendez-vous lundi avec l’Australien James Duckworth.