Voici le communiqué officiel du coach de la joueuse, Carlos Rodriguez

BRUXELLES "Contrairement aux affirmations du président de la fédération francophone de tennis André Stein, il est exclu, à l'heure actuelle, que Justine participe à la finale face à l'Italie", déclare Carlos Rodriguez, l'entraîneur de Justine Henin-Hardenne, dans un communiqué transmis mardi matin à l'agence belga.
La Belgique, qui a éliminé les Etats-Unis (4-1) sans la n°3 mondiale, le week-end passé à Ostende, affrontera l'Italie les 16 et 17 septembre au Spiroudôme de Charleroi.

Justine Henin-Hardenne reproche à la fédération, et en particulier au président de l'AFT André Stein, de l'avoir empêchée de divulguer son forfait pour la finale dès le dimanche (le lendemain de sa défaite en finale à Wimbledon), et de s'être opposée à sa présence sur le banc belge à l'occasion de la demi-finale. "Justine a été victime de manipulations", accuse Carlos Rodriguez. "Comme elle l'avait promis, le dimanche, Justine a fait savoir au capitaine (Carl Maes) sa décision, à savoir qu'elle ne jouerait pas. Mais à mon grand étonnement, autant le capitaine, que le président de l'association francophone de tennis, lui ont demandé (soi-disant pour le bien de l'équipe) de ne pas l'annoncer avant le mercredi ou le jeudi, prétextant que l'une ou l'autre joueuse américaine de gros calibre pourrait s'aligner en apprenant son forfait. Or si les gens payés pour faire leur travail l'avaient fait correctement, et s'étaient informés comme je l'ai fait, ils auraient su qu'il n'y avait pas de possibilité qu'un gros calibre américain dispute la rencontre. Dès lors, cela me fait penser que peut-être, les raisons de garder secrète la décision de Justine jusqu'au mercredi sont toutes autres que sportives. En fin de compte, ils ont lésé les supporters en laissant planer le doute durant trois jours, et ont mis Justine dans l'embarras, elle qui avait toujours promis qu'elle annoncerait sa décision le lendemain de la finale à Wimbledon.

Ensuite, deuxième mauvaise surprise... A la demande du capitaine, Justine avait convenu d'aller encourager l'équipe le samedi et le dimanche. Justine est arrivée vendredi à Bruxelles, et à son grand étonnement, autant le président de l'association francophone de tennis que le capitaine (lui qui lui avait demandé de venir encourager les joueuses) lui ont demandé ouvertement de ne pas venir encourager ses coéquipières, car selon leurs dires, ni l'équipe, ni les supporters, ne souhaitaient sa présence à Ostende. Je pense donc que c'est une preuve évidente du manque de respect et de reconnaissance des instances du tennis belge à l'égard de Justine. Elle se faisait une joie de rejoindre l'équipe vendredi soir déjà, pour souper avec ses partenaires. Autant vous dire que ce manque de respect et de reconnaissance l'a énormément blessée et peinée. Malheureusement, comme vous pouvez maintenant le comprendre, si on la rejette pour la demi-finale, je ne vois pas comment elle serait la bienvenue en finale".

"Si je ne peux pas accepter les décisions de certaines personnes", poursuit le communiqué de Carlos Rodriguez, "je peux par contre comprendre la déception des supporters, qui rêvaient de voir Justine sur le court, à Ostende. Mais comme je le dis toujours, la santé avant tout. C'est le prix à payer pour que Justine puisse continuer à faire rêver comme elle l'a fait à Roland Garros, Eastbourne et Wimbledon. Même si elle n'a pas pu gagner son sixième titre en Grand Chelem, je pense que nous étions tous fiers d'avoir à nouveau une Belge en finale. J'espère que vous arriverez à comprendre que, dans les conditions actuelles, pour une question de principes et de respect, et même tout simplement de valeurs humaines, il n'est pas envisageable qu'elle rejoigne l'équipe en septembre. Je voudrais ajouter qu'elle en est d'ailleurs la première pénalisée. Quand on voit tout ce qu'elle a apporté au tennis et au sport belge, la seule chose que je constate, c'est tout simplement un manque d'intelligence et de bon sens".

"Pour clôturer ce triste épisode, Justine se met en congé en ce qui concerne la Fed Cup. En accord avec elle, à partir de ce jour, le seul interlocuteur sera moi et personne d'autre...."