Le nom d'Olivier Rochus figure, noir sur blanc, dans le rapport du parlement européen sur les matches truqués. En cause : une rencontre disputée, en avril dernier, face au modeste joueur français Vincent Millot lors du deuxième tour du tournoi Challenger du Gosier, en Guadeloupe. Le champion belge s'était imposé en trois sets (3-6, 6-1, 7-5) au terme d'un match acharné. “Je ne comprends vraiment pas ce qu'on pourrait me reprocher! Je me suis battu comme un dingue pour m'imposer après 2 heures et demi d'un duel joué sous une chaleur infernale. C'était l'un de mes premiers matches après mon opération à la hanche. J'étais très motivé. Je me suis surpris moi-même en tenant le coup physiquement” nous confiait, hier, l'Auvelaisien.

En réalité, il semble avéré que des sommes inhabituelles auraient été misées sur une victoire en trois manches de notre ancien n°1 national. Rien ne prouve, toutefois, que ce dernier soit mêlé, de près ou de loin, à ces paris. « Pour moi, tout était normal. C'était un match dur et serré qui s'est décidé sur pas grand chose. J'ignore s'il y a eu des paris sur cette rencontre mais ils ne viennent, en tout cas, pas de moi...”

C'est en descendant de l'avion, hier, qu'Olivier a appris que son nom était mêlé à ce possible scandale. “Je reviens de trois jours de vacances en Espagne et je tombe complètement des nues. Je ne comprends pas d'où vient toute cette histoire. C'est n'importe quoi! Personnellement, en tout cas, je n'ai rien à me reprocher. J'ai joué un match, je me suis battu sur toutes les balles et j'ai gagné au bout d'une belle bataille... »

Agé de 33 ans et descendu à la 470ème place mondiale, Olivier Rochus est sur le point de mettre un terme à une carrière professionnelle exemplaire, commencée il y a quinze ans. Il se dit évidemment très choqué de voir son nom mêlé à ces soupçons. « Je me sens sali injustement. Je vais voir quelle suite je vais donner à tout cela... »

Ce n'est évidemment pas la première fois que le tennis est montré du doigt dans des affaires de paris truqués. Il semble que le phénomène tend à s'amplifier, notamment lors de tournois sans grands enjeux où des intermédiaires peuvent proposer de belles sommes à des joueurs modestes ou avides d'argent facile.