Carlos Rodriguez veut rendre Justine Henin encore meilleure en 2004

NEW YORK Il a toujours été exigeant avec elle. Et il le restera. Histoire de la maintenir en éveil. Histoire de continuer à la faire évoluer. Carlos Rodriguez, le coach de Justine Henin, trouve certes que ce qu'elle a fait jusqu'à présent est «extraordinaire». «Sur les cinq derniers mois, elle n'a connu que deux fois la défaite, analysa-t-il dans la foulée de sa qualification pour les demi-finales au détriment d'Anastasia Myskina. Et encore, une des deux le fut par abandon. Depuis Wimbledon, elle reste sur quinze matches sans défaite. Cette constance est remarquable. Elle a gagné une levée du Grand Chelem et se retrouve à nouveau en demi-finale d'une autre. C'est formidable. Il n'empêche, je veux encore la rendre meilleure en 2004...»

Carlos Rodriguez est, en tout cas, très satisfait de la manière dont sa protégée a géré son US Open, le seul des quatre tournois du Grand Chelem qui ne lui avait pas encore réussi jusqu'à présent. Il a vu Justine gagner en maturité, notamment en ce qui concerne la gestion des moments difficiles d'une quinzaine comme celle-ci. «Elle a beaucoup mieux maîtrisé l'attente causée par la pluie que je ne l'avais imaginé. En fait, elle était nettement moins inquiète que nous. Elle a pris conscience de nouvelles choses, même si parfois je l'ai encore sentie nerveuse ou du moins sensible lorsqu'elle traversait un petit passage à vide durant ses matches. Elle sait que son tennis varié ennuie la majorité de ses adversaires et cela lui donne beaucoup de confiance. Elle se prend plus en mains, avec la conséquence que je dois gérer moins de choses. Elle me cause moins de soucis...», sourit-il.

«Cela me rend malade...»

Cette accession en demi-finales, la première à l'US Open, combinée à l'absence de Serena Williams, va assurer à Justine Henin de s'installer, pour la première fois de sa carrière, à la deuxième place du classement mondial. Elle avait même une petite chance, en cas de triomphe, de se hisser au faîte de la hiérarchie, mais par sa victoire contre Amélie Mauresmo, Kim Clijsters a conservé son trône. «Je vais peut-être vous surprendre, mais je considère que Justine n'est pas encore prête pour devenir numéro un, déclara-t-il. Ce n'est pas un manque d'ambition. Simplement, il y a des éléments dans son jeu qui doivent encore se mettre en place. J'ai l'habitude d'être assez dur avec elle, mais je sais que si je lui laisse du temps, elle réalise de grandes choses. Et puis, ce serait embêtant pour moi, car comment pourrais-je lui faire réaliser que tout n'est pas parfait? Cette place de numéro un, nous la voulons, c'est clair, mais Justine n'a que 21 ans. Attendons l'année prochaine...»

Entre-temps, ce sont donc deux joueuses belges qui pointeront lundi prochain aux deux premières places du classement WTA. C'est du jamais vu. Et tant pis, pour les Américains, si les soeurs Williams sont absentes pour raisons médicales ou décident de s'aligner dans moins de tournois pour raisons personnelles. C'est... la loi du sport. «Si on dit que l'US Open est le même tournoi sans elles, c'est faux!, poursuit l'entraîneur de Justine Henin. Leur nom est inscrit sur le trophée des quatre dernières éditions. Cela dit, ce n'est pas pour cela qu'il est plus facile à gagner. En revanche, si l'on affirme que les Williams seraient numéro un et deux si elles disputaient plus de tournois, cela me rend malade. Je veux dire, si ma grand-mère avait des c..., ce serait mon grand-père (sic). Peut-être ne tiennent-elles pas le coup physiquement. Et si les Américains s'en ressentent blessés, c'est sympa pour Capriati et Davenport...»

© Les Sports 2003