Pour Justine, c'est l'Amérique!

Tennis

Miguel Tasso

Publié le

Pour Justine, c'est l'Amérique!
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La Rochefortoise s'entraînera à Saddlebrook, en Floride. Objectif: être encore plus performante!

NAMUR C'est décidé! Dès le mois de décembre, Justine Henin fera de Saddlebrook, près de Tampa, le quartier général de sa préparation sportive. `Que les choses soient claires: je reste une résidente belge très attachée à mon pays. Et il n'est pas question d'un exil! J'ai simplement estimé que Saddlebrook bénéficiait d'infrastructures exceptionnelles pour une joueuse de haut niveau. Et que, dans ce nouvel environnement, mon tennis ne pourrait que se bonifier...´

En clair, entre les principaux tournois de la saison, Justine Henin peaufinera sa forme sous le soleil de Floride aux côtés de joueuses comme Martina Hingis, Jennifer Capriati ou Monica Seles, elles aussi habituées des lieux (comme Sampras, Agassi ou Courier, autrefois). `Tout y est réuni. Le climat est ensoleillé toute l'année. Le Resort bénéficie d'une cinquantaine de courts (en gazon, brique pilée et ciment) et de bungalows dotés de tout le confort, avec vue sur les parcours de golf...´

Dans sa nouvelle vie américaine, la Rochefortoise sera accompagnée de son coach Carlos Rodriguez. `Je lui ai demandé de travailler à plein temps avec moi, et il a accepté. Quelques détails restent encore à régler (NdlR: lire par ailleurs) mais je sais que je pourrai compter sur lui...´

Elle bénéficiera également de l'aide d'un nouveau préparateur physique, Pat Etcheberry, un Chilien installé aux Etats- Unis depuis de nombreuses années et qui fait référence. `J'ai déjà travaillé avec lui lors de mon séjour à la Hopman Academy de Saddlebrook en avril. Le contact avait été très positif. Cela me permet, au passage, de rendre hommage à Patrick Meur qui, durant de longues années, a parfaitement rempli cette fonction...´

A l'évidence, Justine souhaite à la fois professionnaliser et simplifier son encadrement. `L'objectif est, bien sûr, d'être encore plus performante. Le tennis féminin ne cesse d'évoluer. Et le niveau est de plus en plus élevé. Je suis une fille ambitieuse: mon rêve reste de devenir, un jour, numéro un mondial. Pour cela, je dois mettre tous les atouts de mon côté...´

Sa saison 2002 lui aura permis de consolider cette progression. `J'avais mis la barre très haut en 2001. Mais il s'agissait d'une année exceptionnelle: je débarquais sur le circuit, personne ne me connaissait, je n'avais aucune pression sur les épaules. Et tout me réussissait. Cette fois, c'était différent. Le grand public attendait peut-être davantage. Mais je crois que je peux être très satisfaite de mes prestations (victoire à Berlin, finales à Gold Coast, à Anvers, à Amelia Island et à Rome). Et la saison n'est pas encore finie! Seule mon élimination à Roland-Garros, en raison d'une mauvaise bronchite, me reste au travers de la gorge. Mais là aussi j'ai appris...´

L'insolente domination des soeurs Wil- liams ne la traumatise pas. `Pour l'heure, elles sont un niveau au-dessus des autres. Surtout Serena qui m'a beaucoup impressionnée ces derniers mois. Non seulement elle frappe très fort mais, en outre, elle commet fort peu d'erreurs. Mais bon, il ne faut pas désespérer. Je fais partie d'un deuxième peloton de joueuses où le niveau, aussi, augmente chaque semaine. Amélie Mauresmo a failli éliminer Venus à l'US Open. C'est un signe. Et des filles comme Hantuchova, Dokic ou Myskina progressent régulièrement. Tout se joue parfois sur des détails...´

Prudente, Justine Henin se garde d'abonder dans le sens de la rumeur qui dit que les Williams ne carburent pas exclusivement à l'eau minérale! `Il n'y a aucune preuve. Et donc il ne sert à rien de polémiquer là-dessus. Personnellement, je n'ai jamais rien pris et on ne m'a d'ailleurs jamais rien proposé. Et j'ai déjà battu à la fois Venus et Serena...´

C'est pour hisser encore plus haut son niveau de jeu que Justine a décidé de multiplier les séjours en Floride.

`Je suis perfectionniste. Je veux toujours aller plus loin. Là-bas, je serai dans des conditions optimales pour franchir un nouveau palier...´

Cela ne l'empêchera évidemment pas de revenir régulièrement en Belgique. `J'adore mon pays. J'ai beaucoup d'amis et de nombreuses attaches. J'y ai aussi des obligations morales envers les sponsors ou le public...´

De son propre aveu, elle espère ainsi, si le calendrier s'y prête, pouvoir défendre les couleurs de l'équipe nationale lors de la prochaine Fed Cup. Et elle participera sûrement au tournoi indoor d'Anvers et, peut-être, à celui du Léo, à Bruxelles.

Bien dans sa peau, heureuse de vivre, Justine respire la santé. A l'évidence, elle vient de franchir un cap important. `Je reste, bien sûr, une joueuse fragile mentalement. Mais je me sens chaque jour plus forte et plus sereine. C'est le propre d'un champion en sport d'être parfois angoissé. Celui qui dit n'avoir jamais peur ne dit pas la vérité...´

© Les Sports 2002

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