Arthur De Greef, qui a rejoint le circuit des pros, a beaucoup mûri en un an grâce, notamment, à l’apport d’un entraîneur qui lui convient très bien, Olivier Rochus.

Mohamed Safwat ne marquera probablement jamais l’histoire de l’ATP même s’il est le meilleur Egyptien au ranking. Il pourrait, en revanche, avoir lancé la saison sur dur d’un artiste belge.

Dans la nuit de lundi à mardi, Arthur De Greef, un terrien plus que convaincu, a signé à Doha sa première victoire sur le circuit ATP sur surface dure. Après une courte nuit, l’Ucclois est revenu sur sa journée historique qui en appelle d’autres.

"Je me sens un peu fatigué", raconte celui qui a bataillé durant 2h23 pour battre 6-7 (8), 7-5, 6-4 Mohamed Safwat. "J’ai quitté le kiné à 1h30 du matin. Je n’ai mal nulle part."

À l’autopsie, il est soulagé d’avoir écarté le modeste Egyptien dans ce qui avait tout d’un match-piège. En effet, le jeune novice partait avec l’étiquette de… favori. "Je m’étais demandé avant le match si le cadeau n’était pas empoisonné car il me mettait sous pression. Au final, j’ai sorti un bon match contre un gars qui était solide."

Il a aussi puisé dans ses réserves mentales pour maintenir le bon cap. Après avoir fait la course en tête durant toute la première manche, il l’a laissé filer. "J’ai pris un coup sur la tête. Je ne méritais vraiment pas de le perdre. Dans un même temps, j’ai eu un brin de chance à 2-2 0-40 dans le 2e set. J’ai sorti 5 grosses premières pour éviter le break. Sur l’ensemble du match, Safwat a joué bien mieux que son classement."

Le protégé d’Olivier Rochus veut franchir une étape en 2017. L’ATP 250 de Doha n’est que la première étape d’une nouvelle phase de sa carrière.

"J’ai défini avec Oli un programme ambitieux. Je veux vivre une saison complète sur le circuit ATP. Je jouerai encore quelques challengers, mais je vise surtout les ATP. En 2016, je voulais me rapprocher du Top 100 . En 2017, je veux affronter chaque semaine le Top 100. Je n’en ai pas peur. Lors de mon premier match à Doha, j’avais un niveau de jeu qui m’aurait permis de jouer contre un Top 60 ou 70."

Avant de voir plus loin, il profite de son séjour à Doha où il a découvert un autre univers. "C’est l’un des meilleurs ATP 250 de l’année. Le plateau est très relevé. Le prize-money est énorme. L’organisation est incroyable. Quand j’ai atterri à l’aéroport, j’ai été pris en charge dans une grosse voiture en moins de deux minutes. Si je donne mes vêtements à laver, on me les ramène dans l’après-midi. À mon arrivée, j’ai reçu un iPhone. C’est simple, je n’ai rien à faire."

Il doit juste se concentrer sur son tennis. Il apprend à côtoyer les plus grandes légendes de son sport. "J’en parlais avec mes potes. Je suis amusé lorsque je prends l’ascenseur avec Murray ou lorsque je suis dans la file après Djokovic pour réserver mon terrain d’entraînement. C’est amusant, mais je m’en fous un peu."

Parmi les stars, il croise de temps en temps la route de David Goffin, également présent à Doha. "Nous avons des horaires différents. Je l’ai vu ce matin (mardi matin). Il m’a parlé de mon match qu’il avait suivi. Nous avons discuté de tout et de rien durant 15 minutes."

Ce mercredi, il remontera sur le terrain pour défier un vieux crocodile du circuit, Radek Stepanek, un papy de 38 ans. "Moi, je l’ai vu à la télévision. Je sais qu’il est malin avec ses amorties et ses lobs. Il change bien le rythme de ses balles."

Il ne s’inquiète pas trop car il a une arme secrète : Olivier Rochus. "Il le connaît très bien. Oli a déjà affronté de nombreux joueurs qui sont toujours sur le circuit."

Le binôme Moody-Oli se révèle très efficace. En un an, il a déjà fait ses preuves. Arthur De Greef ne tarit pas d’éloges sur le petit Auvelaisien qui s’avère être un excellent coach. "Il a une vision claire du jeu. Il n’a pas voulu changer tous mes coups. Il a apporté quelques retouches à gauche et à droite. Ces petits détails ont eu un grand impact sur l’efficacité de mon jeu. Par exemple, il m’a poussé à slicer plus souvent. Je suis convaincu qu’il est arrivé au bon moment de ma carrière. Il connaît toutes les surfaces, presque tous mes adversaires, tous les kinés du circuit,… Moi, je suis le petit nouveau. Lui, il m’ouvre toutes les portes", conclut celui qui voyagera avec son coach entre 15 et 20 semaines sur la saison.

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Son CV express

Né à Uccle, le 27 mars 1992 en 10 points

Coach : Olivier Rochus, depuis janvier 2015.

Taille : 1,83 m.

Poids : 73 kg.

Meilleur classement : ATP 131 (7 novembre 2016)

Classement actuel : ATP 134

Classements en fin de saison : 2009: 833e. 2010: 935e. 2011: 554e. 2012: 312e. 2013: 354e. 2014: 238e. 2015: 266e. 2016: 134e.

Palmarès Challenger : 1 titre à Liberec (42.500 €, sur terre battue); il bat Steve Darcis en finale 7-6, 6-3.

Palmarès ITF : 10 titres, tous sur terre battue(10.000 et 15.000 $), à Yerevan, Jurmala, Palm Coast, Pereira, Valldoreix, Valence, Séville, Santa Margherita di Pula, Porto et Hammamet.

Circuit ATP : Un match remporté à Casablanca (en 2015, sur terre battue) et un match remporté à Doha sur dur le 2 janvier 2016.

Coupe Davis : 0 sélection.