”J’ai eu un million d’ occases ...”

HALLE Il aurait sans doute dû gagner ce match cent fois. “J’ai eu un million d’occases...” soupira-t-il, d’ail-leurs. Olivier Rochus (ATP 29) est passé, vendredi, à côté du plus grand exploit de sa carrière en quarts de finale du tournoi sur gazon de Halle, doté de 800.000 dollars. Au terme d’une bataille homérique de 2 h 45 de jeu, le petit Auvelaisien s’est ainsi incliné 6-7 (2/7), 7-6 (11/9) et 7-6 (7/5) contre Roger Federer (ATP 1) non sans avoir hérité de quatre balles de match dans la deuxième manche et avoir gâché un avantage de 4-2 dans la troisième !

“Je suis terriblement déçu”, confia-t-il à l’issue de la partie. “Jamais je n’étais passé aussi près de battre le numéro un mondial. J’en ai même éclaté une raquette de rage sur un piquet à la sortie du court. Il s’en est fallu de tellement peu. C’est bien simple, si j’avais un meilleur service, j’aurais gagné car j’ai vraiment livré un très bon match. Je n’avais rien à lui envier. Du fond du terrain, j’étais aussi fort que lui, si pas meilleur. Mais cela n’a plus aucune importance maintenant. J’ai perdu. Et c’est ce qui compte…”

C’est un après-midi complètement fou qu’aura vécu Olivier Rochus contre Roger Federer, qu’il rencontrait pour la cinquième fois et qu’il n’avait encore jamais battu. Il se demande, d’ailleurs, toujours comment il n’est pas parvenu à lui couper l’herbe sous le pied. La raquette conquérante, le premier joueur bel- ge en fit voir de toutes les couleurs au triple vainqueur de Wimbledon, qui avait déjà souffert le martyre la veille contre Richard Gasquet. À l’arrivée, toutefois, il ne réussit pas à conclure, gâchant notamment deux balles de match à 6-4 dans le tie-break du deuxième set, après avoir mené 3-0 deux mini-breaks.

Vliegen en demi-finales

“C’est incroyable ! Sur ma première balle de match, mon contre- pied sort de cinq centimètres et sur celle à 6-5 dans le tie-break, mon premier service fut un fifrelin trop long. J’ai même encore hérité d’une balle de 5-2 double break au troisième set mais il m’a planté un coup droit sur la ligne. C’est le tennis. Un match tient parfois à si peu de chose. Je n’ai pas été envahi par la peur de gagner. Il m’a juste manqué un brin de réussite, même si je dois reconnaître qu’il a très bien joué lorsqu’il fut le dos au mur. Je ne pense pas que je vais bien dormir pendant quelques jours…”

Olivier Rochus aurait pu être le premier joueur à mettre fin à l’hégémonie de l’herbivore Roger Federer, qui restait sur une série de 38 victoires consécutives sur le gazon, sa dernière défaite remontant à son premier tour de Wimbledon 2002 contre Mario Ancic. L’Auvelaisien aurait également pu devenir le premier joueur autre que Rafael Nadal à battre le Suisse cette année. Ayant déjà raté le coche à Roland-Garros, où il s’inclina au troisième tour contre Alberto Martin alors qu’il avait un tableau pour se hisser en quarts de finale, c’est, au lieu de cela, un gros travail sur le plan mental qu’il lui faudra effectuer dans les prochains jours pour digérer cette déception et se remettre en selle.

“J’avoue que là, je n’ai pas trop le moral. Après Roland-Garros, j’avais déjà les boules, et ceci ne va pas m’ai- der. Ce n’est pas la première fois que je perds des matches de ce genre cette année. J’ai aussi déjà eu balle de match contre Rafael Nadal à Marseille. Pour le même prix, j’aurais pu être le premier à les battre tous les deux. Je vais essayer de positiver et de me dire que c’est la preuve que je joue bien au tennis mais ce ne sera pas évident”, conclut-il.

La journée n’aura, cela dit, pas été tout à fait noire pour les Belges, puisque Kristof Vliegen (ATP 42) a battu Florian Mayer (ATP 69) 6-3, 6-7 (5/7) et 6-4 pour se hisser en demi-finales. Il affrontera Tomas Berdych pour une place en finale (ATP 15).