Le jeune Américain a succédé à Sampras et à Agassi dans le coeur de ses compatriotes

NEW YORK L'Amérique s'est donc trouvé un successeur à Pete Sampras et à Andre Agassi en la personne d'Andy Roddick, solide gaillard aux allures de GI (1,88m sous la toise et 86 kilos sur la balance).

A 21 ans, ce natif du Nebraska a remporté, dimanche, son premier US Open en laminant en trois sets (6-3, 7-6, 6-3) un Juan- Carlos Ferrero encore sous le choc de son parachutage à la première place de la hiérarchie mondiale.

Impressionnant, Roddick a collectionné les aces comme d'autres les papillons: 23 au total, chronométrés pour la plupart à plus de 210 kilomètres/heure. «Je n'ai jamais trouvé la parade», avouera Ferrero qui n'est pourtant pas le dernier des relanceurs.

Dans cet US Open, l'Américain n'a, en réalité, été mis en difficulté que lors de sa demi-finale face à l'Argentin Nalbandian où il dut même sauver une balle de match dans le troisième set. Mais là encore, la qualité de son service (38 aces!) et sa terrible force de frap- pe dans l'échange permirent au nouveau prodige US de se tirer d'affaire au terme de cinq manches palpitantes.

Entraîné par Brad Gilbert (ex- coach d'Andre Agassi) depuis le milieu de la saison, le géant de Boca Raton n'en finit pas de marquer son territoire! Vainqueur successivement des tournois de Montréal, de Cincinatti et de l'US Open, il reste sur 19 victoires consécutives! Série en cours...

Showman

A ce rythme, il peut tout doucement envisager une OPA sur le trône de numéro un mondial! Pour l'heure, le nouvel enfant terrible du tennis américain se satisfait de son triomphe à Flushing Meadow. «Gamin, je venais souvent assister à ce tournoi comme simple spectateur. Comme je trouvais le public assez froid, j'essayais toujours de mettre de l'ambiance dans les tribunes», se souvient-il, amusé.

Aujourd'hui, le voilà élevé au rang de héros. Et ce statut n'est pas fait pour lui déplaire. L'hom- me apprécie les feux de la rampe. «A l'instar d'Agassi, il ne déteste pas le star-system. D'ailleurs, les deux joueurs ont de nombreux points communs. Ce sont de vrais gagneurs et de vrais showmen», confie Brad Gilbert.

Il se chuchote, en coulisses, que Roddick n'est pas très apprécié par les autres joueurs. «Il est anti- sportif», a même laissé entendre le Croate Ivan Ljubicic. L'intéressé s'en défend. «Je suis expressif, c'est tout. Et j'adore que le public me soutienne», rétorque-t-il.

Une chose est sûre: ce Roddick au tennis de bûcheron et au mental de serial killer a de la personnalité à revendre. Et ce n'est pas nécessairement une mauvaise affaire pour un circuit masculin qui se cherche désespérément des superstars.

En attendant, l'année 2003 aura accouché de quatre vainqueurs différents pour les quatre levées du Grand Chelem: Andre Agassi à Melbourne, Juan-Carlos Ferrero à Roland-Garros, Roger Federer à Wimbledon et Andy Roddick à New York. C'était déjà le cas en 2002 avec les succès de Thomas Johansson, d'Albert Costa, de Lleyton Hewitt et de Pete Sampras!

Là où, chez les femmes, elles sont quatre ou cinq à pouvoir prétendre légitimement à une victoire dans un tournoi du Grand Chelem, l'équilibre des forces est bien supérieur chez les hommes.

© Les Sports 2003