''Roland-Garros fut un accident''

Tennis

Serge Fayat

Publié le

''Roland-Garros fut un accident''
© AP
Demi-finaliste à Halle, Vliegen devrait être tête
de série à Wimbledon !

BRUXELLES Il aurait signé des deux mains et les yeux fermés… Roland-Garros a été vite oublié pour Kristof Vliegen (ATP 42). Pour son premier tournoi après son élimination au premier tour à Paris, lors d’un match qu’il aurait toujours dû gagner, le Limbourgeois a réussi à atteindre les demi-finales du tournoi sur gazon de Halle, doté de 800.000 dollars. Il s’y est, toutefois, incliné 6-3, 6-2 contre le jeune Tchèque Tomas Berdych (ATP 15), lui-même battu en finale en trois sets par l’herbivore Roger Federer (ATP 1).

“Je pense pouvoir dire sans problème que ce qui m’est arrivé à Roland-Garros fut un accident”, expliqua-t-il, pas trop déçu. “J’ai remis mon ouvrage sur le métier, et cela m’a fait du bien de changer de surface directement après. Cela m’a permis de tourner la page. J’aime bien le gazon. J’y fais régulièrement service-volée, même sur ma deuxième balle, et cela me convient. J’ai eu un bon petit tableau ici pour me relancer. Je n’ai pas battu des stars mais j’ai bien fait mon boulot.”

Kristof Vliegen aurait bien voulu avoir l’opportunité de venger son ami Olivier Rochus (ATP 29) en finale contre Roger Federer (ATP 1), qui a décroché à Halle son quatrième titre d’affilée, pour égaler le record de 41 victoires consécutives sur gazon détenu jusque-là par le légendaire Björn Borg. Le parcours du Maaseikois, malheureusement pour lui, s’est achevé au stade des demi-finales sous les coups de boutoir de Tomas Berdych (ATP 15), la nouvelle étoile montante du tennis tchèque, qui aura surtout mieux négocié les points importants que lui.

“Je n’ai pas mal joué mais il était plus fort, reconnut-il. J’ai même très bien servi, passant plus de 70 % de premières balles, mais il m’a sorti des retours formidables. Il m’a constamment mis sous pression avec ses grandes frappes à plat. Pourtant, j’ai eu quelques occasions. J’ai même hérité de plus de balles de break que lui. Simplement, là où j’ai fait zéro sur cinq, il a concrétisé les trois qu’il a obtenues. La différence est là. Il peut paraître un peu fou, fou avec les risques qu’il prend, mais entre-temps, il est tout de même quinzième joueur mondial ! Et il n’a que 21 ans. Il sert bien, avec des deuxièmes balles à 185 km/h de moyenne, et ses coups de fond sont lourds. Il a vraiment un bel avenir devant lui…”

Battu, Kristof Vliegen est toutefois loin d’avoir tout perdu. Éliminé au premier tour à Roland-Garros, il s’est bien remis en selle cette semaine, en Allemagne, à l’occasion de ses premiers pas sur le gazon. Tête de série d’un tournoi de l’ATP Tour pour la première fois de sa carrière, il en a bien profité pour refaire le plein de confiance et de sensations en gagnant trois matches pour atteindre une nouvelle demi-finale, la quatrième de son année, à côté de son accession en finale à Munich.

“Je ne vais pas me plaindre, sourit-il. Grâce à ce résultat, je devrais grimper à la 34e place à l’ATP lundi et ainsi obtenir le meilleur classement de ma carrière. Cela m’ouvrira de nouvelles portes, puisque suite aux forfaits de Guillermo Coria et d’Igor Andreev, je devrais être pour la première fois tête de série à Wimbledon. C’est génial ! N’ayant guère de points à défendre prochainement, je vais même pouvoir viser une place parmi les trente premiers”, conclut-il avant de prendre le chemin de Rosmalen, aux Pays-Bas, où il retrouvera le Tchèque Lukas Dlouhy (ATP 82), contre qui il avait hérité de sept balles de match à Paris avant de s’incliner. Il y aura de la revanche dans l’air…

Newsletter Sports+

Vos articles Sports

Fil info