Qualifié pour les huitièmes de finale où il devra défier l’Italien Matteo Berrettini après un long et difficile combat (3h35, 7-6, 6-7, 7-6, 7-5) samedi soir sur le court Philippe-Chatrier, contre l’Allemand Dominik Koepfer, Roger Federer n’a pas exclu lors de la conférence de presse qui a suivi un match terminé devant des tribunes vides à minuit 43 de stopper ici son parcours à Paris.

Comment vous sentez-vous après 3h35 de match ?

"Après le deuxième set, je ne savais pas si j’avais encore assez d’énergie en réserve. Il a fallu que je me calme un peu, que je sois plus relax. Mais je sais que dans un match qui peut aller en cinq sets, il y a forcément des moments où on se sent moins bien. Aujourd’hui, avec mon équipe, on a fait un grand pas en avant. Chaque match que je joue me donne des informations pour la suite de la saison. Et je ne pensais pas gagner trois matches ici. Jouer 3h35 après les opérations que j’ai eues, ce n’est pas normal. Ceux qui ont eu ces opérations savent de quoi je parle.

C’était si important de vous tester de cette façon, à la dure ?

"Oui, très. Clairement, je n’ai pas fait d’entraînements de 3h35. J’ai poussé autant que possible, autant que c’était raisonnable, mais pas autant. Je pense que nous avons beaucoup d’informations pour la suite grâce à ce match."

Qu’avez-vous ressenti, sans les fans dans les gradins ?

"C’est quelque chose qui ne m’était pas arrivé depuis longtemps. Peut-être jamais. Je savais que j’y serai confronté à un moment ou à un autre car la pandémie est toujours là. Ce sera pareil à Halle."

Vous avez dit que vous ne vous attendiez pas à gagner trois matches ici, mais vous voilà en deuxième semaine.

"Pour être honnête, je préférerais être à la place de Rafa (Nadal) ou Novak (Djokovic) qui se disent qu’ils se sentent bien, qu’ils jouent bien et qu’ils gagnent. Moi, je n’ai pas cette impression. Pour moi, chaque match est une étape. Je réfléchis en termes de saison et de retour. J’ai besoin de matches comme celui de ce soir. Après chaque match, on fait un très gros débrief pour savoir où on en est et pour décider si je continue de jouer ou si le risque est trop grand à ce moment précis. Est-ce qu’on pousse encore ou est-ce que c’est le bon moment pour faire une pause ? Parce que le calendrier a bougé et que je n’ai pas la semaine de repos habituelle entre ici et Halle et qu’il faut décider ce qui sera le mieux pour Wimbledon. Alors c’est bien d’avoir pu jouer un match comme ça et de penser que j’aurais pu aussi jouer un cinquième set, mais je ne sais pas comment je vais me réveiller demain. Ce sera intéressant de voir."

Êtes-vous en train de dire que vous pourriez vous retirer de Roland-Garros ?

"Ce que je veux dire, c’est que je revois la situation après chaque match depuis Genève et que je décide le lendemain du match en regardant comment va le genou.”