Il a gaspillé 7 balles de match contre Dlouhy!

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PARIS Il y a des jours comme ça où rien ne va. Kristof Vliegen (ATP 36) en a fait l'expérience, hier, sur le court n°16. Opposé au Tchèque Lukas Dlouhy (ATP 87), le Limbourgeois est retombé de son petit nua- ge. Battu en cinq sets, après avoir gaspillé la bagatelle de sept balles de match dans la quatrième manche, le Limbourgeois était inconsolable.

«C'est dur. Je savais que ce ne serait pas un match facile car il a le style de jeu pour m'ennuyer. Mais j'ai raté de nombreuses occasions. C'est surtout cela qui est frustrant.»

Lorsque, dans le quatrième set, il bénéficia de quatre balles de match à 5-4, puis de trois autres à 6-5, on crut que Vliegen avait partie gagnée. «Mais Dlouhy a réussi des points incroyables. Sur les sept balles de match, je crois ne lui avoir donné qu'un point, sur une volée facile. Les autres, c'est lui qui les a remportés!»

Le joueur belge avait déposé de gros espoirs sur ce tournoi de Roland-Garros. Fort de ses excellentes prestations cette saison, avec notamment une finale à Munich, il espérait poursuivre sur sa lancée. Mais hier, le protégé de Philippe Dehaes est tombé dans le maudit piège tendu par un adversaire diabolique.

Illustre inconnu, Lukas Dlouhy n'a rien d'un artiste. C'est un guerrier, qui court derrière toutes les balles sans se poser trop de questions et qui joue au tennis comme on joue au poker: en bluffant. Le Tchèque, habitué des Challengers, n'avait pas remporté un seul match sur le circuit ATP cette saison. Il a fallu qu'il comble ce manque face au joueur belge. Un vrai cauchemar...

«Je savais qu'il était imprévisible. Il tente des coups impossibles, il varie bien. Il est très difficile de trouver le bon rythme face à un tel adversaire.»

Mais Vliegen ne cherche pas d'excuses inutiles. De son propre aveu, la blessure à la hanche, contractée sur une glissade et qui l'obligea à faire appel au kiné à la fin du deu- xième set, n'a pas influencé le résultat. «Il fut une époque où je balançais mes matches. Là, j'ai le sentiment d'avoir fait mon boulot. Dans le cinquième set, j'étais fatigué et touché au moral, et j'ai fini par craquer», résume-t-il.

Vliegen masque mal sa déception. Un quart d'heure à peine après son match, les yeux rougis, il répond déjà aux questions des journalistes. «Comme ça, je peux vite passer à autre chose et éliminer ce match de ma mémoire», dit-il, des trémolos dans la voix. Osons croire que cette défaite, aussi inattendue que douloureuse, ne laissera pas trop de traces dans le mental fragile du joueur belge. La confiance, en tennis, ça va, ça vient. Surtout chez lui. «Il est clair que lors de mon prochain entraînement, je n'aurai pas mon sourire habituel», prévient-il. Mais il se reprend vite. «Roland-Garros est un tournoi très médiatisé et très populaire en Belgique. Mais finalement, c'est une compétition comme une autre. Mon prochain tournoi se joue- ra sur gazon. Ce sera un prétexte pour repartir du bon pied.»

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