Serena Williams a remporté son troisième Roland Garros, son vingtième (!) titre en Grand Chelem en battant Lucie Safarova en trois sets.

L'Américaine Serena Williams a remporté le tournoi de Roland Garros en battant la tête de série numéro treize Lucie Safarova 6/4, 6/7, 6/2. Après ses victoires en 2002 et 2013, la numéro un mondiale arrache son troisième titre Porte d'Auteuil et son vingtième sacre en Grand Chelem. Elle n'est plus qu'à deux longueurs de l'éternelle Steffi Graf et quatre de l'Australienne Margaret Court.

Pourtant, Serena s'est fait peur. Elle menait en effet 6-4, 4-1 avant de se faire rejoindre à un set partout. La faute surtout à une Tchèque revenue de nulle part et remontée à bloc. Serena s'est peut-être vu gagner trop vite. Il n'empêche, dans la troisième manche, la cadette des Williams a su puiser dans ses ressources afin de réagir en championne et écraser Safarova, vingt-huit ans, qui jouait sa première finale en Majeur.

"Le match est devenu compliqué", a déclaré la gagnante au micro de Cédric Pioline. "Lucie a très bien joué, elle a livré un tournoi magnifique et a joué de façon très agressive. C'est un rêve pour moi de gagner". Visiblement émue, la joueuse est revenue sur ce vingtième titre en Grand Chelem. "Je n'y crois pas. Je n'étais qu'une petite fille qui jouait au tennis en Californie avec son père et sa mère. Puis je suis arrivée ici, à Paris. Ce titre est très spécial pour moi. Je n'ai pas très bien joué. Mais je suis très très contente de gagner le titre", a-t-elle ajouté, dans un français qui ne cesse de s'améliorer, tout en remerciant le public parisien.

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La victoire malgré tout

L'histoire est magnifique pour l'Américaine, qui a joué une partie du tournoi grippée. Au bord du malaise lors de sa demi-finale contre Timea Bacsinszky, la joueuse de trente-trois ans n'avait même pas eu la force de venir s'exprimer en conférence de presse. Elle avait toutefois réussi à surmonter sa maladie pour se hisser en finale. Quelques heures avant le match, on apprenait qu'elle était toujours souffrante. Bref, si sur papier le match semblait déséquilibré, dans les faits, Safarova avait toutes ses chances.

Dans le premier set, cela ne se ressent cependant pas. Serena enchaîne les services extérieurs et les coups de massue pour engranger les points. De son côté, Safarova subit, trop timorée pour inquiéter son adversaire. Mais à 6/4, 4/1, l'impensable se produit: Serena Williams craque complètement, empile les fautes directes (quarante-deux tout au long du match contre dix-sept pour Lucie) et se prend même quatre jeux dans la vue. Une seule explication à ce "dégoupillage": elle s'est vue gagner trop vite. La Tchèque, elle, reprend le contrôle de son tennis... et du match ! Elle embraye même dans le tie-break, mené de bout en bout et remporté haut la main !

Dos au mur, Serena débute mal le troisième set, en se faisant breaker d'entrée. C'est la dernière fois qu'elle apparaîtra dans le dur. En effet, le moteur Williams reprend vie et la numéro un mondiale redevient la grande Serena. Quelques minutes plus tard, elle peut lever les yeux et les bras au ciel, en lâchant sa raquette.

Peut-être s'agit-il ici du Grand Chelem le plus difficile à arracher de la carrière de Serena. Ses bonds sur le podium au moment de soulever le trophée, son sourire éclatant le laissent apparaître. Jamais rassasiée, l'Américaine continue de régner sans partage sur un tennis féminin en manque d'héroïnes. Ça tombe bien, La Williams compte bien rester au top pendant encore un long moment ! Avec le Grand Chelem en ligne de mire. Allô, Londres ?


Les chiffres fous de Serena Williams

242: le nombre de semaines passées en tant que numéro un mondiale (la première fois le 8 juillet 2002)

67: le nombre de tournois gagnés

20: le nombre d'épreuves du Grand Chelem gagnées en simple (six Open d'Australie, trois Roland Garros, cinq Wimbledon, six US Open)

5: le nombre de victoires aux Masters

4: le nombre de médailles d'or olympiques (une en simple à Londres en 2012, les autres en double en 2000, 2008 et 2012)

13: le nombre d'épreuves du Grand Chelem gagnées en double (quatre Open d'Australie, deux Roland Garros, cinq Wimbledon, deux US Open)

709: le nombre de matches gagnés sur l'ensemble sa carrière (ratio de 85% de victoires)

273: le nombre de matches gagnés en Grand Chelem (68 à l'open d'Australie, 54 à Roland Garros, 72 à Wimbledon, 79 l'US Open)


Aurélie Herman