Justine Henin retrouve Kim Clijsters et Kirsten Flipkens au deuxième tour

PARIS Avec une douzaine de degrés sur le Central, on ne pouvait raisonnablement pas parler de tour de chauffe. Disons donc que Justine Henin a bien négocié son entrée en lice dans le tournoi. Victorieuse de l'Estonienne Maret Ani (WTA 70), la Rochefortoise a, à la fois, assuré et rassuré. En une heure montre en main (33 minutes dans le premier set, 27 dans le second), elle a scellé sa qualification. «J'appréhende toujours le premier tour d'un tournoi du Grand Chelem. Au fil des ans, la boule à l'estomac n'a pas disparu. Je crois d'ailleurs que lorsqu'elle ne sera plus là, je rangerai mes raquettes. Ce sera le signe que je ne suis plus motivée...»

Inconsciemment, Justine redoutait sûrement ce tour initial. Faut-il rappeler qu'en 2002, elle avait été éliminée d'entrée par la Hongroise Kapros. «C'est l'un de mes plus mauvais souvenirs dans ce tournoi», rappelle-t-elle, ravie d'avoir cette fois éludé le piège. Hier, les conditions climatiques n'étaient pourtant pas idéales pour le jeu de la championne belge. «Il faisait très froid. Je me suis donc adaptée à la situation: j'ai enfilé un polo à longue manche, j'ai mis un kilo de moins de tension dans ma raquette et j'ai tenté de pratiquer mon tennis habituel. Ce n'était pas toujours évident mais, dans l'ensemble, je suis plutôt satisfaite, notamment de la qualité de mon service.»

Avec plus de septante pour cent de premières balles, Henin affiche, de fait, une très belle statistique dans ce secteur du jeu. «J'ai essayé d'être la plus agressive possible et de pratiquer un jeu offensif.Lors des premiers tours à Roland Garros, c'est toujours la même chose. Il faut trouver le juste milieu entre la patience et l'agressivité. Il faut à la fois construire les points et profiter de la moindre occasion pour porter une accélération décisive. Sur ce plan, l'expérience a été positive.»

Une rivale en moins

Bref, Justine a le moral. On la sent déterminée, concentrée et, surtout, bien préparée mentalement et physiquement. Son discours est certes marqué du sceau de la prudence. Comme à l'habitude, elle ne veut pas regarder trop loin dans le tournoi et préfère se concentrer sur son prochain match. Mais on devine, entre les lignes, une grande confiance.

Double lauréate du tournoi, elle se verrait bien accrocher un troisième scalp parisien à son tableau de chasse et rejoindre l'Allemande Hilde Sperling, l'Américaine Monica Seles et l'Espagnole Arantxa Sanchez, détentrices de trois trophées. Nous n'en sommes pas là, loin s'en faut. Pour l'heure, Justine ne pense qu'à sa prochaine adversaire: la Biélorusse Anastasiya Yakimova, pointée à la 58 éme place de la hiérarchie mondiale. Et lorsqu'on évoque l'élimination précoce de Nadia Petrova, souvent considérée comme sa grande rivale, elle balaye la réponse d'un revers dont elle a le secret. «Cela ne m'intéresse pas pour le moment. Seul mon deuxième tour est important», dit-elle, soucieuse de ne pas être distraite