Un véritable coup de tonnerre. Dans un sport si peu adepte des polémiques, le retrait de Naomi Osaka fait désordre. Ce lundi, elle a déclaré sur les réseaux sociaux: "La vérité est que j'ai souffert de longs épisodes de dépression depuis l'US Open en 2018 et j'ai eu beaucoup de mal à y faire face." Elle a également ajouté qu'elle se sentait "vulnérable et anxieuse" et a jeté le doute sur sa participation à Wimbledon (qui commence le 28 juin).

Forcément, le monde de la petite balle jaune a fortement réagi à cette annonce que personne n'attendait avant le début de la quinzaine parisienne.

Sur Eurosport, Boris Becker n'a pas été tendre avec la jeune japonaise. "Elle a affirmé qu'elle ne pouvait pas faire face à la pression des médias après avoir perdu un match de tennis. N'importe quel joueur sait que perdre arrive fréquemment et que la seule solution est d'y faire face. J'ai toujours considéré que cela faisait partie du travail" a-t-il commencé.

Si la légende allemande n'a jamais adoré cet exercice, il s'y forçait. Car il faut suivre les règles du jeu. "Sans médias, il n'y a aucun prix avec beaucoup d'argent. Les contrats seraient beaucoup moins élevés. Vous ne pouvez pas manger que la partie du gâteau qui vous convient. Personnellement, je détestais les médias. Je n'aimais pas parler aux journalistes après mes matchs. Mais je me devais de le faire."

Boris Becker n'a pas voulu accabler une personne à terre. Mais il se demande tout de même quelle suite va-t-elle donner à sa carrière? "Osaka a choisi de se retirer du tournoi parce qu'elle ne pourrait pas faire face aux médias psychologiquement. Cela soulève tout de même une question plus large. Car si elle ne peut pas faire face au média à Paris, elle ne pourra pas le faire non plus lors des autres Grands Chelems. J'ai presque l'impression que sa carrière est en danger. Clairement, le tennis doit prendre en main les problèmes de santé mentale. Nous devons les prendre très au sérieux et encore plus avec la dernière année difficile des joueurs avec le Covid."

"Très courageux"

Si l'Allemand a émis des doutes sur la future carrière de la jeune japonaise de 23 ans, d'autres personnalités sont montées au créneau pour défendre Naomi Osaka. A commencer par Serena Williams qui a déclaré maternellement vouloir "prendre Naomi dans mes bras".

Martina Navratilova a aussi pris la parole. "Je suis tellement triste pour Naomi Osaka. J'espère vraiment qu'elle ira bien. En tant qu'athlètes, on nous apprend à prendre soin de notre corps. Peut-être que l'aspect mental et émotionnel est négligé. C'est plus que faire ou ne pas faire une conférence de presse. Bonne chance Naomi, nous tirons tous pour toi !"

Joueuse phare d'un tennis d'un autre temps, Billie Jean King, qui a été numéro un mondiale pour la première fois en 1966, a également soutenu la Japonaise. "C'est incroyablement courageux que Naomi Osaka ait révélé sa vérité sur sa lutte contre la dépression. En ce moment, l'important est que nous lui donnions l'espace et le temps dont elle a besoin. Nous lui souhaitons bonne chance"

Un autre joueur a connu des problèmes de santé mentale lors de sa carrière. Il s'agit de Mardy Fish qui a souffert d'arythmie cardiaque en 2012. Un revers qui a finalement conduit à un grave trouble anxieux qui l'a parfois empêché de quitter sa maison. Il a également eu un mot gentil envers Osaka: "On ne peut pas critiquer la santé mentale. Il ne faut pas plaisanter avec un sujet aussi important. Il faut la prendre au sérieux. Sans tout le soutien que j'ai reçu, je ne serais plus là aujourd'hui. Je suis la si tu as besoin Naomi Osaka."

Espérons qu'une telle joueuse retrouve les courts rapidement. Car, avec ce retrait, c'est tout le tennis et les fans qui perdent une perle rare pour leur sport.