Des larmes de dépit, d'incompréhension aussi, ont coulé sur les joues de Williams au moment de s'asseoir sur sa chaise alors que son adversaire menait 5-0 dans la dernière manche. Une demi-heure plus tôt, elle n'était pourtant qu'à un jeu de sa première victoire en deux sets pour son cinquième match de reprise après six mois sans jouer, à cause du coronavirus.


Et sa performance jusque-là semblait en grands progrès, au lendemain de son match marathon de 2 h 48 min, remporté en trois sets aux dépens de la Néerlandaise Arantxa Rus.

Au lieu de quoi, elle a laissé Sakkari revenir à sa hauteur, avant un jeu décisif où elle s'est approchée encore plus près d'un succès, à deux points exactement. Mais la Grecque s'est accrochée et a arraché un troisième set qui annonçait le déclin rapide de Williams, abattue par son incapacité à conclure.

Moral au plus bas, son corps de 38 ans, éprouvé par la chaleur humide et les efforts répétés fournis en l'espace de 24 heures, l'a alors fait souffrir. La star américaine s'est souvent tenue la jambe gauche et s'est étiré le dos péniblement, trouvant dans l'orgeuil la force d'éviter un humiliant 6-0 en s'adjugeant un jeu de service après avoir effacé six balles de match.

"C'est dur de jouer de cette façon et de rester positive. Jouer neuf heures en une semaine c'est trop. Je n'en ai pas l'habitude", a commenté Serena Williams après coup. "C'est dur, mais j'aurais dû m'imposer. Il n'y a aucune excuse. Je dois réapprendre à gagner ces matches."

Pour Sakkari, l'aventure continue. Elle affrontera Johanna Konta en quarts.

L'autre favorite, Naomi Osaka a elle tenu son rang, expéditive pour avancer en quarts. La Japonaise, laborieuse la veille face à la Tchèque Karolina Muchova, a disposé de l'Ukrainienne Dayana Yastremska 6-3, 6-1.

Elle affrontera l'Estonienne Anett Kontaveit pour viser une première demi-finale dans ce tournoi.