Le tennis britannique attend la relèvede Henman et de Rusedski

LONDRES Même si Tim Henman et Greg Rusedski, ses joueurs n°1 et n°2, sont de retour de blessure à point nommé, juste avant Wimbledon, le tennis britannique n'est pas au mieux de sa forme et peine à leur trouver des successeurs.

Soixante-sept ans: autant dire une éternité depuis qu'en 1936 Fred Perry inscrivait pour la dernière fois le nom d'un Anglais au palmarès du simple messieurs du tournoi londonien. Tout près de réussir, Tim Henman, 28 ans, a cependant échoué à quatre reprises en demi-finales. Opéré cet hiver d'une épaule, il a fait un retour prometteur au Queen's, battu seulement en demi- finale par le Français Sébastien Grosjean.

Débarrassé de sa bête noire

Maintenant débarrassé de sa bête noire, l'Américain Pete Sampras, qui lui avait barré deux fois la route de la finale (en 1998 et 1999), Henman n'est cependant pas apparu à 100% de ses moyens au Queen's, encore gêné au service par son épaule droite.

«Je mentirais si je disais que je n'y pense pas en permanence. Mais je savais que j'aurais des moments difficiles», explique le 29e mondial (classement technique ATP).

Privé également de finale en 2001 et 2002, à chaque fois par le futur vainqueur, le Croate Goran Ivanisevic, puis l'Australien Lleyton Hewitt, Henman, tête de série n°10 cette année, se veut confiant: «Mes résultats sur herbe sont bons, je sais que si je me rapproche de mon meil- leur niveau, je peux y battre n'importe qui.»

La première anglaise 160e

Absent depuis neuf mois pour des blessures à un genou, à un pied, puis au cou, Rusedski, 29 ans, semble également revivre sur le gazon. Forfait lors des Internationaux d'Australie en janvier, éliminé au premier tour de Roland-Garros, le Britannique d'origine canadienne a effectué un bon retour au Queen's, sorti au 3e tour par le futur vainqueur, l'Américain Andy Roddick. Et à Nottingham, samedi, Rusedski a remporté le 13e tournoi de sa carrière, battant en deux manches 6-3, 6-2, l'Américain Mardy Fish, après avoir écarté au passage le Biélorusse Vladimir Voltchkov, demi-finaliste en 2000 à Wimbledon.

«Je joue bien, tout peut arriver dans un Grand Chelem et c'est ce qui est excitant», explique Rusedski qui rêve de rééditer l'exploit du revenant Ivanisevic.

Mais une fois de plus, Henman et Rusedski risquent de porter seuls tous les espoirs anglais. Derrière eux, la relève est quasi absente. Lors du premier tour du Groupe mondial de Coupe Davis, perdu 4-1 contre l'Australie en février dernier, en l'absence de ses deux leaders, la Grande-Bretagne alignait une équi- pe où le meilleur joueur, Arvind Parmar, pointait à la 161e place mondiale. A ses côtés, Alan Mackin, Miles MacLagan et Alex Bodganovic figuraient respectivement aux 333e, 444e et 459e places.

Quant aux dames, l'Angleterre attend une héritière à Virginia Wade, dernière britannique lauréate, en 1977. Cette saison, la première anglaise, Anne Keothavong, est pour le moment 160e mondiale et aucu- ne Anglaise n'était présente au 1er tour de Roland-Garros.

«Nous devons modifier la structure et la culture des clubs qui jusqu'à maintenant n'étaient pas assez orientées vers les jeunes, explique-t-on à la Fédération anglaise de tennis (LTA). Nous devons également rattraper le retard dans les infrastructures», explique la LTA qui se réjouit car pour la première fois depuis de longues années, le gouvernement britannique a investi en 2003 3,4 millions de livres (5,3 millions €) dans le tennis.

© Les Sports 2003