Quand on voit la Van Uytvanck des deux derniers sets de ce mardi, on a beaucoup de mal à comprendre qui était la joueuse du premier set. Face à Rebecca Peterson (50e), on a un bon moment cru que la Belge n’allait pas parvenir à se libérer du tout. Menée 4-0, elle s’agaçait, donnait beaucoup de points et ne sortait absolument rien de sa raquette. Mais, comme si soudain elle atteignait l’interrupteur, l’actuelle 65e joueuse mondiale a alors retrouvé le niveau de celle qui avait atteint les quarts ici en 2015 afin de l’emporter (2-6, 6-3, 6-1).

"J’avais un plan mais je faisais encore trop de fautes", a-t-elle confié. "Mais je me suis bien adaptée : j’ai décidé de plutôt travailler à l’échange et d’attendre la bonne balle pour attaquer et venir au filet. J’ai bien fait, et je trouve que dans le dernier set j’ai très bien joué."

Il lui a suffi de prendre la balle plus tôt, de lâcher ses coups et d’imposer son intensité pour constater à quel point elle était au-dessus. Alors, pourquoi voit-on deux Alison si différentes dans le même match ? Une histoire de confiance, sans aucun doute. Demi-finaliste à Lyon avant que le Covid-19 ne gâche tout, Van Uytvanck a éprouvé du mal à relancer la machine, pas aidée par des tableaux très denses puisque tout le monde veut tout jouer.

Cette victoire du premier tour va-t-elle servir de déclic ? "J’espère bien, car c’était dur. Tous les tournois sont très forts. Avant le coronavirus, je jouais bien, j’avais de bons résultats mais maintenant c’est un peu dur. C’est comme ça… Et puis c’est déjà pas mal qu’on puisse de nouveau jouer des tournois. Je suis quand même contente d’être capable de gagner ce match et je vais tout donner jeudi."

Joueurs et joueuses parlent souvent de ce niveau moyen : celui qui, plus il est élevé, plus il permet de s’imposer même sans jouer son meilleur tennis et même face à de bons adversaires. Van Uytvanck en est un peu là dernièrement : elle doit retrouver sa vitesse de croisière, celle qui devrait lui assurer sans aucun souci une place dans le top 30.

Quant à la météo peu enthousiasmante de Paris, Van Uytvanck y trouve quelques avantages. De plus, cela lui rappelle la maison. "Il faisait humide, mais pas très froid. Il n’y avait pas de vent non plus, ça faisait du bien. Et puis on est quand même habitués en Belgique d’avoir un temps comme ça ! Mais c’est dur à Roland, parce qu’on n’a jamais eu un temps comme ça ici : les terrains sont plus durs, les balles rebondissent moins haut que d’habitude", remarque-t-elle. "Mais ce n’était pas mal pour moi sur ce match car mon adversaire aime bien jouer des balles hautes avec beaucoup de lift. On est surtout déjà ravis de pouvoir encore jouer un Grand Chelem cette année. C’est le plus important, avec la santé."