Même le Suédois Jonas Bjorkman, réputé grand relanceur, n'a rien pu faire face aux services de l'Américain Andy Roddick

PARIS Quelques chiffres permettent de cerner le problème posé aux adversaires de l'Américain, qui sera N.1 mondial dès lundi quoi qu'il advienne à Bercy. Roddick a réussi 19 aces, dont le plus rapide à 219 km/h, n'a perdu que deux points dans tout le match lorsqu'il a passé son premier service et n'a concédé aucune balle de break.

Avec cette assurance tout risque, le vainqueur de l'US Open n'a plus qu'à faire jouer son deuxième gros point fort: la capacité à hausser le ton sur les points décisifs, illustrée par le cinglant 7/0 infligé dans le jeu décisif final. Le vétéran suédois (31 ans) a réussi à faire de spectacle en suivant ses premières balles au filet et en variant la puissance et les trajectoires de ses balles, mais pas à inquiéter son cadet de dix ans.

Coup de fatigue

A part le Suisse Roger Federer (N.3), qui affrontait le Britannique Tim Henman vendredi soir, on ne voit pas qui pourra empêcher Roddick de remporter son septième titre de la saison, car le dernier carré sera complété par des joueurs de moindre dimension: le Roumain Andrei Pavel et le Tchèque Jiri Novak (N.14).

A moins que la fatigue ne finisse par rattraper l'Américain comme elle a fondu sur l'Allemand Rainer Schuettler. Sur la brèche depuis la dernière Saint-Sylvestre, le finaliste surprise du dernier Open d'Australie, qui a disputé pas moins de 95 matches en 27 tournois et une rencontre de Coupe Davis, n'a tenu qu'un set contre Pavel 2-6, 6-3, 6-2.

Le Roumain, au contraire, s'est reposé à son corps défendant pendant près de six mois à cause d'une blessure à un poignet qui l'a fait tomber à la 191e place mondiale. Revenu sur le circuit fin septembre, ce joueur offensif retrouve peu à peu le niveau qui lui a permis d'atteindre les quarts de finale de Roland-Garros en 2002.

Novak, qui profite d'une partie de tableau bien dégarnie, n'a mis que 62 minutes et deux manches (6-2, 6-1) pour écarter Hicham Arazi. Dernier joueur issu des qualifications, le Marocain a été incapable de se concentrer sur les points importants. Sur 5 balles de break obtenues, il n'en a converti aucune, alors que le Tchèque a profité de 4 de ses 6 occasions.

LES DÉCLARATIONS

Andy Roddick (USA/N.2, vainqueur de Jonas Bjorkman/SUE): «J’ai bien servi aujourd’hui. C’est très rare de jouer contre quelqu’un comme Bjorkman et de ne pas avoir une seule balle de break contre soi. Je ne me sens pas imbattable. Personne dans ce sport ne se sent imbattable. Tim Henman (son adversaire en demi-finale) est très difficile à jouer. Nous en sommes à une victoire partout. Il est fort en volées basses, il fait de bons slices et se déplace très bien sur le court. Il y a donc beaucoup de choses difficiles à contrer dans son jeu».

Roger Federer (SUI/N.3, battu par Tim Henman/GBR): «Ca n’allait pas aujourd’hui. J’ai raté mes occasions au premier set et comme j’étais très fatigué, je ne pouvais plus bouger. Ses balles volaient de partout, je ne pouvais pas les contrôler. Je suis déçu de ce que j’ai fait cette semaine et cela ne me donne pas du tout confiance juste avant le Masters.»