«Tous les paramètres sont au vert!»

Tennis

Mig. T.

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Préparateur mental, Marc Delpierre évoque l'évolution de Justine

BRUXELLES Préparateur mental spécialisé dans le sport, Marc Delpierre a longtemps travaillé avec Justine Henin et conseille encore au- jourd'hui la championne rochefortoise via son coach Carlos Rodriguez. «Justine est moins présente en Belgique et il nous a semblé plus judicieux d'évoluer de cette façon. En clair, je donne mon avis à Carlos qui, ensuite, en fait bon usage dans sa préparation psychologique d'un match ou d'un tournoi...»

Marc Delpierre n'est pas du tout surpris des succès de Justine. «Elle a beaucoup évolué ces derniers mois grâce, notamment, à son entraînement physique réalisé, aux Etats- Unis, avec Pat Etcheberry. Or, chez elle, tout est lié: le physique, le technique et le mental. Celui-ci est, dès lors, devenu beaucoup plus solide. Désormais, elle joue en pleine confiance, sans cette fameuse peur de perdre ou de mal faire...»

Ses derniers conseils à Carlos Rodriguez? Marc Delpierre évite de les révéler. «Disons que j'ai surtout incité Justine à prendre un maximum de recul vis-à-vis du tennis. Cette approche avait déjà porté ses fruits à Roland- Garros où elle était apparue de plus en plus relax au fil des jours. Le tennis est important, bien sûr, mais il y a d'autres choses dans la vie. Visiblement, le message est bien passé...»

Là où, autrefois, Henin avait tendance à se stresser dans les moments importants et à craquer au moindre contretemps, elle est désormais sûre d'elle-même et de son jeu. «Elle se fait plaisir sur le court et cela se sent. Elle est bien dans sa peau et bien dans sa tête...»

Marc Delpierre ne s'en dit pas étonné. Au contraire. «C'est une bosseuse. Lorsqu'elle se fixe un objectif, elle a les moyens de l'atteindre. Et je crois qu'elle a encore un grand potentiel de progression sur tous les plans. Mentalement, en tout cas, tous les paramètres sont au vert...»

Simply the best

Où va-t-elle s'arrêter? A cette question que de nombreux Belges se posent, il n'existe qu'une seule réponse: quand elle aura conquis la première place mondiale. Laquelle, et ce n'est pas faire injure aux mérites de Kim Clijsters, est déjà un peu la sienne ce matin. Car si les chiffres isolent encore et toujours la robuste Limbourgeoise au sommet de la hiérarchie mondiale, les faits ont démontré, eux, que la véritable reine des courts affichait les traits de Justine Henin.

Sa victoire à New York, riche d'un second succès dans l'année dans une levée du Grand Chelem, exploit réservé aux plus grandes championnes de l'histoire de ce sport, a effectivement réuni tous les paramètres d'un sacre royal. Sur ce talent si pur et unique, ce talent qui fait de chacune de ses prestations un régal pour les yeux, la Rochefortoise a, en effet, greffé un psychique devenu aussi fort que son revers et, surtout, un physique qui lui permet de soutenir tous les combats et, mieux encore, de se surpasser quand le besoin s'en fait vraiment sentir. L'époque de la Henin qu'un simple doute pouvait plonger dans la déprime est révolue, l'époque de la Henin qui finissait par plier sous le poids de la pression physique de ses rivales est gommée et, enfin, l'époque de la Henin qui cherchait le salut dans le regard des autres est, elle, définitivement enterrée.

Aujourd'hui Justine Henin est donc passée dans une catégorie supérieure, elle le sait, en est convaincue et plus rien ne peut l'empêcher de le faire savoir aux autres. Pas même à cette Kim Clijsters face à laquelle elle a si longtemps nourri un complexe qui, manifestement, a changé de côté en l'espace de douze petits mois. Car s'il s'en trouvera certains pour affirmer que Clijsters, comme à Roland-Garros, est passée à côté de sa finale, pour notre part nous préférons croire que c'est la qualité du tennis de Justine Henin qui, une fois encore, a mis sa compatriote hors jeu. Elle était, en effet, tout simplement trop forte, to good comme disent les Américains pour qui, depuis samedi soir, Justine Henin est effectivement simply the best.

Et même si les deux soeurs Williams devaient, espérons-le, remontrer le bout de leur nez. Car avec une telle confiance et cette rage de vaincre qui ne cesse de croître, Juju, croyez-nous, n'a pas fini de nous surprendre. En bien, évidemment...

Philippe Lacourt


© Les Sports 2003

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